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LIVRE XVI. — LA SESSION DE

batteries de terre, et elle eut des effets terribles; car cinquante bâtiments étaient engagés bord à bord dans un étroit espace. A cinq heures du soir, après une lutte effroyable, la première ligne de la flotte ottomane était détruite ; à sept heures, il n'en restait rien.

Les pertes des alliés furent estimées à environ trois cents hommes tués ou blessés. Celles des Turcs s'éle- Yèrent à plus de sept mille, la plupart victimes des explosions.

Ce combat fit partout une grande sensation. La Porte, d'autant plus irritée qu'elle s'était crue arrivée au point de triompher définitivement de l'insurrection grecque, persista plus que jamais dans son refus de consentir aux conditions posées par les trois puissances, dont les représentants se retirèrent ensemble de Constantinople, le 8 décembre.

La Russie se félicita d'un événement qui ne pouvait que favoriser ses projets hostiles contre la Turquie, projets qu'elle s'efforçait vainement de dissimuler. En Angleterre, les sentiments furent partagés; Wellington et les vieux tories qui étaient rentrés au pouvoir après la mort de Canning, en exprimèrent des regrets officiels; ils se sentaient plus engagés qu'ils n'eussent voulu l'être. Quant à la France, elle ne pouvait que se réjouir d'être entrée dans une action commune avec deux des grandes puissances, et désormais elle se voyait assurée de l'alliance russe. « Notre pays, dit Nettement, se trouvait depuis la chute de l'Empire dans une position particulière qui devait faire tourner à son avantage toutes les guerres où il pourrait lancer un boulet et planter son drapeau. »

Les affeires de Portugal semblaient aussi entrer dans une voie favorable. Don Pedro avait, par un acte du 4 août, appelé don Miguel à la régence, à la place de sa sœur Isabelle, malade et £atîguée du gouvernement. Cet acte donnait pleine satisfaction à don Miguel. Il est vrai que celui-ci réclamait la régence en vertu de son droit personnel, à partir du jour où il aurait atteint vingt-cinq ans, âge de sa majorité légale. Mais dès que le gouvernement lui appartenait, la question de savoir en vertu de quel droit il exercerait la régence semblait d'un intérêt secondaire.

Nous avions à Alger une autre difficulté qui devait un jour tourner à notre gloire. Le dey, après avoir longtemps refusé une satisfaction due au commerce français pour des actes de piraterie, s'était irrité des réclamations de notre consul, et Tavait frappé d'un coup de son chasse-mouches, le 30 avril. Le 15 juin, le port d'Alger fut bloqué par une escadre française. Le blocus dura longtemps sans grand résultat, parce que Alger n'avait presque pas de bâtiments de commerce. On en reconnut l'inefficacité. Le ministère de la marine chercha un moyen plus sûr d'amener le dey à composition, et le capitaine de frégate Dupetit-Thouars rédigea un projet de débarquement, que les ministres de la guerre et de la marine approuvèrent. Ce projet fut lu au Roi en conseil de cabinet le 14 octobre. Néanmoins les autres ministres hésitèrent avant de s'engager dans une entreprise dont il était difficile de calculer toutes les suites , et la décision fut ajournée.

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