LIVRE XVI. — LA SESSION DE
ment et condamné le 17 janvier par le tribunal correctionnel pour atteinte à Tautorité royale.
Enfin le 2 janvier 1828 Charles X adopta une dernière combinaison dont Chabrol était encore Fauteur. Marti{jnac fut appelé à l'intérieur avec la présidence du conseil réservée, Laferronays aux affaires étrangères, Roy aux finances, Portalis à la justice; Chabrol et Frayssinous gardèrent leurs portefeuilles. La guerre fut donnée à de Caux, qui en était secrétaire général, et le commerce, détaché de l'intérieur, le fut à Saint- Cricq, directeur général des douanes. Villèle, Corbière et Peyronnet furent élevés à la pairie; Villèle eût désiré rester à la Chambre des députés, mais il obéit à Tordre du Roi, ou plutôt aux exigences des nouveaux ministres qui ne voulurent ni accepter sa tutelle, ni Tavoir en face d'eux comme chef de parti.
Le temps a vengé Villèle des passions injustes dont il tomba victime. Il fut le plus grand politique du parti royaliste et le plus grand ministre de la Restauration. Son administration financière fut un modèle ; la loi de la conversion des rentes et la loi de Tindemnité des émigrés furent de sages et habiles combinaisons. Sa puissance de travail, sa netteté d'esprit, son talent de débuter, le désignèrent de bonne heure pour le rang qu'il occupa, et servirent à l'y maintenir, quand déjà son ministère était ébranlé. Il eut le tort de n'avoir pas autant de puissance de caractère que de rectitude de jugement. Il ne put gouverner les Chambres parce qu'il n'avait pas su ou voulu gouverner son parti. Ministre de la droite, dont il jugeait sainement les erreurs et les fautes, il lui fit à regret des conces-
sions qui le perdireat. Il ne sut imposer ses volontés ni à elle ni au Roi. Il s'excuse quelque part dans ses notes de n^avolr pas voulu être un cardinal de Richelieu, aveu indirect de ce qui fut le côté faible de son ministère.