‹ Histoire de la RestaurationChapitre 165 sur 256 · IX. Soumission des évêques aux ordonnances du 16 juin · texte numérisé non relu

IX. Soumission des évêques aux ordonnances du 16 juin

X. Expédition de Morée. — XI. Voyages princiers. Défiance entre le Roi et les ministres. ^ XII. Remplacement de Laferronays. Ouverture de la session de 1829. Premiers débats. «^ XIII. Présentation des lois d'administration municipale et départementale. — XIV. Discussion et rejet de la loi d'administration départementale. -^ XV. Dernières luttes soutenues par le ministère. — XVI. Les budgets. Fin de la session. — XVII. Chute du ministère Martignac.

I. Les nouveaux ministres étaient des hommes d'expérience et de talent, tous estimés et jouissant d'un crédit personnel incontesté. Mais placés jusque-là au second rang, aucun d'eux n'avait de ces grandes positions politiques ou de ces renommées acquises devant lesquelleson s'incline. Deux d'entre eux avaient

appartenu au cabinet précédent comme ministres et trois comme directeurs généraux. Laferronays, qui revenait de l'ambassade de Rome après avoir occupé longtemps celle de Russie, était étranger aux luttes des Chambres; sa loyauté chevaleresque le faisait comparer à Richelieu. Il appartenait à la droite, Roy et Portalis faisaient partie du centre droit. Roy, grand financier, avait la confiance des gens d'affaires. Portalis, orateur habile et jurisconsulte éminent, n'avait malheureusement pas un caractère à la hauteur de ses lumières. Ce ministère manquait de couleur et de signification déterminée. De grandes divergences d'idées existaient entre quelques-u^s de ses membres, par exemple entre Frayssinous et Portalis. Martignac, qui devait en être l'inspirateur et l'orateur, et qui, par son caractère conciliant, servit de lien entre ses collègues, n'était pas une de ces personnalités qui dominent et n'avait pas une de ces ambitions qui s'imposent.

Le cabinet du 5 janvier fut donc accueilli avec une certaine défiance. On jugea que le Roi, qui s'était résigné bien tard à se séparer de Villèle, avait consenti à changer les personnes pour satisfaire les royalistes opposants, mais entendait ne pas changer le système. On savait qu'il se pliait aux circonstances le moins possible. On se doutait que s'il s'arrangeait d'avoir la monnaie de Villèle, c'était avec l'arrièrepensée d'appeler à lui au moment opportun les hommes qu'il aimait et qui étaient en communauté avec sa foi politique. Le choix du cabinet parut un expédient pour ménager la transition.

La presse ne manqua pas de dire qu'on aurait la

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