‹ Histoire de la RestaurationChapitre 17 sur 256 · LIVRE XI. — MINISTERE VILLELE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — MINISTERE VILLELE

pas moins la production, et qui étaient immoraux. Villèle répondit que le dégrèvement ne portait que sur les départements les plus chai^gés ou sur ceux qui avaient le plus soufFert de Tinvasion ; qu'il avait donc pour but de rétablir l'égalité distribu tive ; que si Ton eût voulu diminuer le nombre des électeurs, on y fût mieux arrivé en réduisant les patentes. Il y avait peu de sincérité dans ce débat. Laffitte voulait prouver que la prospérité du pays n'était pas Fçeuvre des ministres de la Restauration. Villèle , saisissant Toccasion de constater le progrès du crédit public, en fit au contraire honneur au gouvernement, un peu plus qu'il n'eût fellu. La droite s'empara de ce genre d'argument pour l'exploiter à la tribune ou dans les journaux.

L'opposition ne triompha que sur deux points , d'ailleurs vulnérables. Sébastien et Foy se plaignirent de la manière dont les dotations de la pairie étaient réparties et de leur manque de publicité; il y allait de la considération et de l'autorité de la Chambre haute. ViUèle, en défendant la conduite de ses prédécesseurs, reconnut qu'une loi était nécessaire et prit l'engagement de la présenter.

Le second point fut la spécialité des dépenses. Question agitée déjà et toujours remise. Deux amendements demandaient cette spécialité dans des mesures différentes, en se fondant sur ce que le vote des dépenses était illusoire autrement. Courvoisier et d'autres députés repoussèrent cette prétention, en soutenant que la Chambre n'avait pas le droit d'administrer. Royer-Collard traita la question avec beau- II. 3 •

coup de bon sens et d'autorité. Réduisant l'argument de Courvoisier à sa juste valeur, il prouva qu'exercer une influence sur l'administration n'était nullement administrer,' que la question de la spécialité des crédits dans telle ou telle mesure n'était pas une question de principe, mais une afiaire de probité; que c'était pour la Chambre le corollaire nécessaire du vote de l'impôt; que son consentement général se décomposait en autant de consentements particuliers qu'il existait de services distmcts. Enfin il invita le ministère à préparer un projet qui satisfit à toutes les exigences. Villèle en prit l'engagement, bien qu'avec beaucoup de restrictions.

Les députés votèrent le budget le 18 avril avec peu d'amendements. Les pairs le votèrent à leur tour le 30, après un rapport du comte Mollien et de courts débats.

VIL La Chambre des députés s'ajourna le 20 avril. Elle n'était plus en nombre. La session fut close le !•' mai, après le vote du budget par les pairs.

La raison de cet ajournement était une décision que Villèle avait lEait adopter le 15 mars par le conseil des ministres, celle d'avoir deux sessions cette année. C'était l'unique moyen d'en finir avec les douzièmes provisoires. Le Roi avait donc annoncé une seconde session, qui devait s'ouvrir le 1" juin.

Quatre mois s'étaient écoulés et le ministère durait, contrairement aux prévision, du centre. Il s'était même fortifié par le fait des conspirations militaires et par la fatigue et le dégoût qu'inspirait l'attitude

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