‹ Histoire de la RestaurationChapitre 176 sur 256 · LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC

maréchal Soult et le général Belliard critiquèrent la loi de 1824, en signalèrent les mauvais résultats, que le ministre de la guerre contesta, et regrettèrent qu'on eût renoncé à la réserve de vétérans établie avec prévoyance par la loi de 1818. Revenant à la question, la Ferronnays enleva le vote en déclarant qu'une nation compromet sa sûreté quand elle laisse atténuer la force de son gouvernement.

V. Portalis présenta le 14 avril une nouvelle loi de presse pour tenir lieu de celle que le cabinet précédent avait retirée.

Dès le début de la session. Benjamin Constant avait attaqué la censure facultative, « toujours exercée, disait-il, par des agents subalternes, portion la plus basse de la classe lettrée, par des hommes qui, n'ayant obtenu ni considération ni succès, se mettaient par besoin au service de l'arbitraire, gendarmerie littéraire astucieuse comme le sophisme et brutale comme la force ». La loi de Portalis, répondant à ces critiques, afiiranchit la presse de tout monopole et de toute censure; elle supprima l'autorisation préalable exigée par la loi de 1822, et abolit les procès de tendances. Elle partait donc de principes absolument opposés ù ceux de la loi Peyronnet. L'exposé de motifs déclara que la liberté de la presse était l'âme du système représentatif; que les journaux, instrument nécessaire de la publicité, devaient être indépendants ; que la censure facultative était une précaution dangereuse, inefficace dans les cas graves et qui tournait contre •e& auteurs. Mais des garanties étaient nécessaires au

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