‹ Histoire de la RestaurationChapitre 179 sur 256 · LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC

réiëvation de ses sentiments, le charme séducteur de sa parole, ses ménagements polis à Tégard d'adversaires auxquels il ne cédait pas, lui acquirent une sympathie si générale que Royer-Collardput lui dire : « La France est vaine de vous » .

La discussion des articles fut longue, et d'un intérêt très-affaibli; elle se perdit dans les détails de procédure. Montbel essaya en vain de (iaire rétablir Tautorisation préalable. La gauche enleva un nouvel abaissement du chiffre des cautionnements, mais elle ne put obtenir que la connaissance des délits de presse fût rendue au jury; Tamendement proposé à cet effet par Méchin, Devàux et Cormenin, fut écarté comme étranger à la loi. D'ailleurs, les libéraux ne prenaient plus les mêmes ombrages de la juridiction des cours royales. Le projet fut adopté le 19 juin par 266 voix contre 116.

VI. La grave question des écoles secondaires ecclésiastiques avait été soumise le 21janvier par les ministres à une commission composée de Tarchevéque de Paris, de Tévéque de Beauvais, de Laine, Séguier et Mounier, pairs de France, d'Alexis de Noailles, Labourdonnaye, Dupin aine, députés, et de Courville, membre de l'Université. Le rapport, attendu impatiemment, fut présenté le 28 mai. La commission proposa de limiter le nombre des élèves de ces écoles, limitation que Villèle avait déjà demandée au Roi sans Tobtenir, d'exiger qu'ils prissent l'habit ecclésiastique au bout de deux ans, et de multiplier les bourses pour fovoriserle recrutement du clergé. Elle déclara ensuite, mais à la majorité de 5 voix contre 4, que le fait de la

présence de professeurs jésuites choisis par les évéques et soumis à leur direction ne suffisait pas pour dénoncer une congrégation non autorisée.

Ainsi la question de savoir si les établissements qui appartenaient aux Jésuites se trouvaient dans des conditions légales n'était résolue qu'imparfaitement. Deux ordonnances royales du 16 juin la tranchèrent. La première, contre-signée par le garde des sceaux Portalis, porta que les petits séminaires seraient soumis au régime de TUniversité, et que tous les directeurs et professeurs seraient obligés d'affirmer qu'ils n'appartenaient à aucune congrégation non autorisée. La seconde , contre-signée par l'évéque de Beauvais, ministre des cultes, déclara que les petits séminaires organisés sous l'Empire pour le recrutement du clergé s'étant écartés de leur destination primitive, le nombre de leurs élèves serait fixé à vingt mille. Elle les soumit à diverses obligations restrictives, et y créa huit mille bourses de 500 francs chacune, pour remplacer les pensions des élèves étrangers qui les alimentaient.

Ces ordonnances, toutes de circonstance, furent accueillies avec faveur, non-seulement par les libéraux, mais par les hommes, et le nombre en était grand, qui étaient las des polémiques religieuses et de la pression que le clergé exerçait depuis plusieurs années sur le gouvernement. Elles avaient l'avantage de faire rentrer le clergé sous la loi commune, quoiqu'elles fussent contraires aux idées de liberté qui ont prévalu depuis en matière d'associations religieuses et d'enseignement.

La nécessité de calmer les esprits et de mettre fin

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