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LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC

allégués, comme la présence des Jésuites, que Yillèle avait, disait'On, favorisée ; la pression sur les élections ; mais sur ce point le ministère Martignac refusa de communiquer les pièces ; Taffaire de Farrestation de Caron, celle du licenciement de la garde nationale. Comme Tàccusation se perdait dans les détails, le Journal des Débats, toujours acharné, demanda qu'on la réduisit à trois griefs principaux et déterminés.

L'enquête ne devait pas aboutir. Sur les neuf membres de la commission, deux seulement, Delalot et Constant, étaient résolus à la pousser jusqu'au bout. Lorsque Girod de TÂin présenta le rapport à la Chambre, le 21 juillet, et conclut qu'il y avait lieu sk instruire, la gauche et une partie du centre firent décider, malgré les efforts de Montbel et d'autres députés de la droite, que la discussion serait ajournée après le budget. La gauche voulait simplement éviter un ordre du jour qui eût été une sorte de réhabilitation. Le journal attaché à Yîllèle exprima la vérité de la situation. « On ne peut pas, dit-il, accuser les anciens ministres; on ne veut pas les absoudre. »

Le ministère avait promis au Roi d'empêcher le décret d'accusation. Il obtint ce résultat sans sortir de la neutralité dont il s'était fait une loi. Quant au Roi, il avait cessé à dessein depuis quelque temps tous rapports avec Villèle. Il lui écrivit après le vote de la Chambre une lettre affectueuse, et il reçut les membres de la droite avec empressement.

Un des- griefs principaux de la gauche contre Yillèle était la dissolution de la garde nationale de Paris. La Chambre eut à discuter le 12 février une pétition

pour le rétablissement de cette garde et la réorganisation de celles du royaume. Le général Ândréossy conclut en termes déclamatoires que Topinion avait déjà vengé la garde nationale de ses détracteurs, et proposa le renvoi aux ministres. Martignac déclara quMl ne se prononcerait pas sur le fond de la question, mais que la dissolution ayant eu lieu en vertu d'une ordonnance du Roi, on ne pouvait en appeler à Topinion publique contre l'autorité royale sans en appeler à Tanarchie, et la Chambre passa à Tordre du jour après un tumulte violent.

Le surlendemain, Salverte reprit la question en son nom personnel ; il déclara qu'il ne mettait pas en cause le Roi, mais les ministres. Labourdonnaye répondit que c'était contester le pouvoir du chef de l'État sur la force publique, et désarmer la couronne. « Messieurs, dit-il, souvenez-vous que c'est aujourd'hui le 14 juillet, et comparez ce qu'il feut d'efforts pour renverser une monarchie de quatorze siècles, et ce qu'il en faudrait aujourd'hui pour renverser une monarchie de quatorze ans. » La Chambre passa encore à l'ordre du jour.

y III. Le 20 juin, on aborda la discussion des projets financiers. Ils étaient au nombre de trois, Fun relatif aux comptes définitifs de 1826, le second aux crédits supplémentaires de 1827, et le troisième au budget de 1829.

Les deux premiers furent adoptés sans peine, bien qu'après d'assez longs débats. On entendit se renouveler les plaintes ordinaires contre la centralisation)

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