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LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC

Texcès des dépenses, la manie des places. 11 fut d'autant plus difficile de les éviter que le nombre des députés nouveaux et inexpérimentés était considérable. Charles Dupin s'attacha, dans un grand travail statis^ tique y à démontrer que la France était trop admmis^ trée, et les fonctions publiques trop nombreuses.

On passa le 27 juin au budget de 1829, qui atteignait presque le chiffire de 1 milliard, jugé alors un ëpou vantail. Les dépenses et les recettes formaient deux projets différents, qui eurent pour rapporteurs Gautier et Labourdonnaye. L'obligation d'émettre 50 millions de bons du Trésor, pour des motifs divers et pour des besoins de trésorerie, était à peu près la seule particularité intéressante.

Les deux rapporteurs conclurent également que la situation n* avait rien d'alarmant. Le revenu des impôts indirects, en décroissance l'année précédente, était rentré dans les voies de l'accroissement normal. La commission du budget des dépenses proposa quelques économies, mais pour un chiffire minime. Elle constata que les réductions n'étaient guère possibles sur le chiffre des traitements, qu'elles ne le seraient que sur le nombre des emplois, et qu'un changement du système administratif était une entreprise trop compliquée et trop périlleuse pour n'être pas mûri longtemps par le gouvernement. Berbis, qui résuma la discussion générale, dissipa toutes les illusions que voulaient conserver contre l'évidence les vieux détracteurs des budgets.

La discussion se ressentit de Teffet produit par les ordonnances du 16 juin. II semblait que le ministère

eût conquis une majorité. La gauche , sauf quelques attaques isolées, ne le combattit que pour la forme.

Le conseil d'État, violemment attaqué par Gaëtan de la Rochefoucauld, trouva dans Guvier, Pardessus et Portalis de puissants défenseurs. Ce dernier exposa que, loin d'embarrasser Tadministration, il avait précisément pour objet de prévenir et de réprimer ses fautes, c'est-à-dire les abus de pouvoir menaçant la liberté ou la propriété des citoyens. C'était une illusion que de songer à le remplacer par une loi sur la responsabilité ministérielle. Cormenin, qui siégeait à la gauche, fut mis en demeure de se prononcer. Il le fit avec une grande netteté ; il prouva l'excellence de l'institution et la nécessité de la conserver avec certaines améliorations. La Chambre se contenta de réduire la dotation qui lui était allouée.

Le budget des affaires étrangères donna lieu à un discours, aussi malencontreux que violent, de Bignon contre le blocus d'Alger et contre les atteintes portées à la souveraineté du dey.

Celui des affaires ecclésiastiques souleva un débat plus sérieux. L'évéque de Beauvais, Feutrier, parla le premier, avec beaucoup de modération et d'élévation, sur la religion et les questions religieuses, qu'il fallait, disait^il, mettre en dehors des débats parlementaires. Montrant que les ordonnances du 16 juin assuraient au clergé un régime d'une légalité incontestée et des avantages certains, il en appela à sa sagesse. Il affirma qu'il ne se séparerait jamais des intérêts du pays, qu'il ne contrarierait pas les vœux du roi, qu'il remplirait sa mission en obéissant à la Charte, qui était sa sau-

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