LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC
auditeur de rote, Romain d'origine, et lié avec le cardinal Bemetti, secrétaire de la cour pontificale. Les ordonnances avaient pu être regrettées à Rome ; mais Léon XII, quoiqu'il ne fût nullement un pape politique, s'était gardé de les condamner. Le cardinal Bemetti écrivit une lettre où il engagea les évéques à s'en rapporter à la piété du Roi. Cette lettre, appuyée par les recommandations du nonce, fut communiquée aux archevêques de Paris et de Reims, puis à d'autres prélats. L'archevêque de Reims, cardinal de Latii, entra dans les vues de Charles X ; il écrivit de son côté aux autres évêques « que Sa Sainteté ne prétendait point imposer au gouvernement français les congrégations repoussées par la législation de France ; qu'ils devaient donc se confier dans la haute piété et la sagesse du Roi, pour l'exécution des ordonnances et pour marcher d'accord avec le trône » .
Tous les évéques se soumirent, excepté le cardinal de Clermont-Tonnerre, qui écrivit fièrement que sa devise était : Etiam si omnes, ego non. Charles X lui défendit pendant quelque temps de paraître en sa présence.
L'épiscopat se résigna, ou plutôt ajourna la poursuite de son opposition ; on savait que les ordonnances étaient hien moins l'œuvre du Roi que celle des ministres. Les polémiques entamées s'arrêtèrent, pas tout à feit pourtant; quelques journaux religieux intransigeants y persévérèrent, en équivoquant sur les termes dont le Saint-Père s'était servi.