X. Le czar Nicolas, n'obtenant rien de la Turquie
par les voies diplomatiques, s'était décidé à employer la force. Au mois de juin 1828, l'armée russe passa le Danube et entra en Bulgarie.
L'Angleterre et l'Autriche, liées au cabinet de Saint- Pétersbourg par le traité du 6 juillet 1827, virent cette action isolée avec regret et surtout avec méfiance. Wellington fut d'abord d'avis que la Russie avait délié les autres puissances de leurs engagements. Mais le cabinet français fut loin de partager ce sentiment. Redoutant également les entraînements du czar, la mauvaise humeur de l'Angleterre et la duplicité de l'Autriche, il soutint que le traité du 6 juillet subsistait, quil fallait achever de régler en commun les afEaires de Grèce, et il obtint que la conférence de Londres reprit ses travaux le 3 juin.
La Ferronnays proposa d'obliger Ibrahim et l'armée égyptienne à évacuer la Morée. L'Angleterre, qui avait regretté la bataille de Navarin et qui se trouvait déjà trop engagée, y résista d'abord; puis elle donna son consentement, uniquement pour empêcher la Russie de résoudre seule la question grecque. Wellington se décida le 16 juillet à conclure une convention stipulant l'occupation de la Morée par des troupes françaises, à condition que cette occupation ne durerait que le temps nécessaire pour permettre aux Grecs de s'assurer une frontière militaire. En même temps, il envoya lord Codrington en Egypte, avec la mission d'exiger du pacha le rappel immédiat d'Ibrahim.
Douze régiments français, formant quatorze mille hommes et commandés par le général Maison, appareillèrent à Toulon le 17 août, et débarquèrent dix