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LIVRE XVII. — MINISTÈRE MARTIGNAC

jours après dans le golfe de Coron en Morée. Ibrahim m conforma, non sans hésitation, aux ordres qu'il Tenait de recevoir d'Alexandrie ; il se retira avec ses troupes. Mais plusieurs garnisons turques occupaient encore des places et des châteaux forts dans la péninsule « On les somma de se rendre. L'amiral de Rigny cerna Navarin qui se préparait à se défendre, et emmena la garnison en Egypte. Le général Maison n'eut qu'à paraître devant Modon et Coron pour enlever la première de ces places et forcer l'autre à capituler. Il n'y eut de velléité sérieuse de résistance qu'à Patras et au château de Morée, qu'il fallut investir, mais qui capitula dès que la brèche fut ouverte. L'Angleterre hâta les résultats de l'expédition; la Morée et les Cyclades furent placées sous la protection commune des puissances, et le général Maison, élevé au maréchalat, retourna en France, ne laissant que deux brigades en Grèce pour aider le pays à se réorganiser.

La question d'Orient était la seule question étrangère dont on eût alors à se préoccuper d'une manière sérieuse. Les révolutions du Portugal n'avaient plus qu*un intérêt local.

Don Miguel, nommé régent par son frère don Pedro, s'étant entendu à Vienne avec Mettemich et à Londres avec Wellington, était arrivé à Lisbonne au mois de février 1828. Sa présence et l'absence de doiia Maria, sa nièce et sa fiancée , ranimèrent le parti absolutiste, puissant dans le pays, parce qu'il prétendait y faire revivre l'institution populaire des anciennes cortès. D'ailleurs la proclamation de l'indépendance du Brésil avait blessé la fierté de la nation, jalouse

des anciennes prérogatives de la couronne portugaise. Don Miguel tira parti de ces sentiments. Il laissa éclater divers soulèvements contre la constitution; il en profita pour la modifier, et il finit par se faire proclamer, au mois de juin, roi absolu L'Angleterre fit des représentations ; mais le cabinet tory, composé de Peel, Dudiey et Huskisson, se désintéressa de ces révolutions, dès qu'il fut assuré que les autres puissances suivraient cet exemple. Il retira ses troupes ; les puissances retirèrent leurs ambassadeurs.

C'était tout ce que la France avait voulu. Le Portugal fut dès lors abandonné à lui-même '.

La Ferronnays saisit cette occasion pour rappeler d'Espagne nos dernières troupes, et signer à Madrid un règlement définitif de l'indemnité qui nous était due.

XI. Charles X avait toujours aimé la popularité; il s'exagérait celle dont il avait joui au début de son règne, et ne pouvait se consoler de l'avoir perdue. On crut à la cour que des voyages princiers ranimeraient les sentiments monarchiques.

La duchesse de Berry entreprit la première un voyage de quatre mois (juin-septembre). Elle était

1 Don Mi{;uel fut entraîné , pour triompher du parti constitationnel et arrêter les pronunciamentos des régiments, à exercer des rigueurs qui lui valurent un triste renom de cruauté. L*ile de Terceire resta fidèle à dofia Maria, et les chefs des constitutionnels, réfugies à l'étranger, les Palmella et les Saldanha, entretinrent la guerre civile qui devait leur rendre le pouvoir peu d'années après.

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