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LIVRE XVII, — MINISTERE MARTIGNAC

traduire un minislre du Roi devant les jugées ordinaires. La Pairie lui donna raison à une immenae majorité.

La droite triompha de ce vote ; le Roi n'en fut que plus irrité contre les députés et plus mécontent des ministres.

La loi fut reportée à la Chambre des députés, qui rejeta sans discussion l'article des 179,000 francs, le 23 juin. Le 30, les pairs la votèrent sous cette nouvelle forme. Les 179,000 francs furent payés plus tard par le Roi sur le fonds du sceau des titres.

Vint ensuite le règlement de la loi des comptes de 1827, c'est-à-dire de la dernière année du ministère Villèle. Cette loi se soldait par un déficit, ou plutôt une insuffisance de crédits de 42 millions. La gauche en prit occasion de manifester son inquiétude sur la situation financière, dont la prospérité avait été si vantée. Certains députés semblèrent vouloir se venger, par Tàpreté de leurs critiques, de ce que les poursuites contre Villèle eussent été abandonnées. On attaqua les virements dont Sirieys et Montbel défendirent la légalité. On contesta le crédit de T Imprimerie royale à cause de brochures que Villèle y avait fait imprimer pour les élections. Constant soutint que cet acte réunissait tous les genres de délits, y compris ceux de concussion et de trahison, et Viennet renouvela la demande de mise en accusation. Le rapporteur Saunac reconnut que Villèle avait outre-passé son droit, mais il ajouta qu'une enquête sur les faits n'était pas possible, n'aboutirait pas, et que le Roi seul pouvait connaître de l'emploi des fonds secrets. Map-

tignac et Bourdeau s'unirent à lui pour plaider la même cause, et parvinrent à la gagpfier, malgré la gauche qui s'ëcriait que la responsabilité ministérielle était un vain mot. La loi passa sans difficultés à la Chambre des pairs.

XYI. La discussion des budgets commença le 13 mai et se poursuivit de la même manière, c'est-à-dire avec le même parti pris et la même aigreur chicanière de la part de la gauche, qui éplucha les crédits un à un, en témoignant sa malveillance à tout propos.

Le rapporteur de la commission, Humann, s'exprima sur le ministère en termes assez sévères. II dit que la prévoyance et la décision étaient nécessaires pour inspirer la confiance. Mais au fond il se contenta de recommander la prudence et l'économie, en présence de ressources qui ne paraissaient pas en voie d'acroissement, de signaler l'abus des crédits supplémentaires, et de proposer sur les divers ministères 4 millions de réduction.

Kératry et d'autres opposants demandèrent des réductions impossibles, donnèrent des coups de boutoir à tout propos et hors de propos, attaquèrent le clergé, les anciens fonctionnaires du ministère Villèle, la garde royale, les régiments suisses, enfin renouvelèrent les reproches si souvent adressés au cabinet Martignac d'être resté dans l'ornière de ses prédécesseurs. Laffitte, qui avait plus d'autorité et des vues plus pratiques, réduisit à 50 millions au plus les économies qu'on pouvait réaliser avec beaucoup de temps et surtout grâce aux extinctions de pensions ou à la suppression

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