‹ Histoire de la RestaurationChapitre 21 sur 256 · LIVRE XI. — MINISTÈRE VILLÈLE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — MINISTÈRE VILLÈLE

tendre. Autrefois nous tirions de nos colonies nonseulement le sucre, mais Tindigo, le coton et le café. Maintenant elles étaient très-réduites ; nous avions perdu notamment Saint-Domingue et Tile de France. En revanche, une partie des Etats du nouveau monde et surtout de TAmérique espagnole nous ouvraient leurs ports, et offraient à notre commerce extérieur de nouveaux et importants débouchés. Il importait aussi de ne pas sacrifier la fabrication du sucre indigène.

Ce fut donc sur ces points que porta l'intérêt principal du débat. On s'accorda généralement à reconnaître la nécessité d'un régime plus large pour nos colonies, régime analogue à celui que l'Angleterre et la Hollande avaient déjà mis en pratique; mais on n'arriva pas bien à le définir.

La plus grande objection à l'élévation des tarifs était la crainte de représailles de la part des étrangers. En effet, plusieurs Etats d'Allemagne nous menaçaient d'une prohibition de nos vins, pour répondre à l'élévation du droit d'entrée de leurs bestiaux en France. Villèle soutint que l'établissement de droits protecteurs dans une mesure déterminée était un acte de conservation ; que les pays étrangers avaient le droit d'agir de la même manière ; mais que si leurs mesures étaient spécialement dirigées contre un pays comme la France, ils ne fiaiisaient plus acte de conservation et faisaient acte d'agression. Distinction plus ingénieuse que solide.

La majorité des députés voulait une protection trèsétendue et proposait des tarifs prohibitifs plus élevés. Mais il fiaillut reconnaître que les chiffres du gouvernement étaient généralement basés sur une connais-

sance plus approfondie des &its, et la loi fut votée avec peu de modifications.

La Chambre vota aussi, après une discussion qui n'offrit pas moins d'intérêt, de grands travaux pour un système de canalisation, combiné en vue de mettre toutes les parties de la France en communication entre elles par des voies navigables. Il s'agissait de compléter le réseau des anciens canaux. Les travaux s'élevaient à 99 millions. Après avoir adressé d'inutiles appels à l'industrie privée, on avait imaginé un système mixte, où l'État se chargeait d'une partie des travaux et faisait certains avantages à des Compagnies concessionnaires. Avec ce système, analogue à celui qui a été plus tard adopté pour les chemins de fer, on avait obtenu la formation de Compagnies offrant les garanties nécessaires. L'organisation du réseau et les clauses des traités signés avec les Compagnies furent débattues avec vivacité ; mais le gouvernement prouva que son système était le meilleur possible, et la loi, en jBn de compte, fut votée par les deux Chambres le 11 juillet et le 2 août.

IX. On continuait à juger les auteurs de complots militaires. Sirejean et le capitaine Valée, condamnés par des conseils de guerre, avaient subi la peine capitale le 2 mai et le 10 juin. Le 14 juin, la cour d'assises de Nantes acquitta plusieurs accusés, entre autres un ancien officier, Mosneron-Dupin. Ce dernier procès occupa beaucoup le public, parce que la police était sur les traces de l'organisation du catrbonarisme .

La propagande carbonarisle s'était pailiculièrement

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