‹ Histoire de la RestaurationChapitre 216 sur 256 · LIVRE XVIII. — MINISTÈRE POLIGNAC. 4î · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. — MINISTÈRE POLIGNAC. 4î

nument de gloire pour la maison de Bourbon, et qu'ils sauraient faire respecter les droits de la couronne.

Le procès du Journal des Débats avait été porté devant la cour royale sur Fappel interjeté par Bertin. Bertin voulut se défendre lui-même; il rappela les actes de sa vie passée, les services antérieurs qu'il avait rendus aux Bourbons, et nia qu'il eût outragé le Boi. La Cour l'acquitta, en se bornant à qualifier l'article d'inconvenant. (Arrêt du 24 décembre.)

Cet arrêt causa une vive irritation aux Tuileries.

Aux réceptions du 1" janvier 1830, Charles X affecta de recevoir tous les corps publics avec son afËabilité ordinaire et de les assurer de son amour pour le peuple. Mais quand Séguier lui présenta la cour royale, il dit d'un ton sévère : « Magistrats de la cour royale, n'oubliez jamais les importants devoirs que vous avez à remplir. Prouvez, pour le bonheur de mes sujets, que vous cherchez à vous rendre dignes des marques de confiance que vous avez reçues de votre roi. V Et la duchesse d'Angoulême, après avoir reçu le salut des magistrats, leur dit sèchement : « Passez, messieurs. »

IH. L'idée qu'une révolution, qu'une guerre civile pouvaient être imminentes, s'accréditait malgré les déclarations des ministres.

Les journaux royalistes épuisaient toutes les combinaisons possibles de coups d'autorité. Ils discutaient la dissolution de la Chambre des députés, celle des diverses associations libérales, le transport du siège du gouvernement dans une ville autre que Paris. On

conseillait au Roi de gouverner uniquement avec la Chambre des pairs. On le sommait de changer la Constitution par oi*donnance, de promulguer une loi électorale nouvelle , de proclamer la dictature. Le journal le Drapeau blanc déployait, dans la formation de ces plans, une imagination et une ardeur singulières. Parmi les brochures, moyen de publicité alors très à là mode, on distingua celle d'un conseiller à la cour de Paris, Cottu, type de magistrat bizarre, ultragallican et ultra-royaliste, loué et vilipendé tour à tour par l'opposition, esprit original, excentrique, inférieur pourtant à Montlosier, avec lequel il avait quelques points de ressemblance. Son écrit intitulé : De la nécessité d'une dictature, fut très-lu et commenté.

Le journalisme opposant se proposait de son côté de rendre le gouvernement impossible, et ce but, il le poursuivait avec décision et acharnement. Carrel a pris soin d'exposer lui-même quel était le système'. a Toute la politique, pour les journaux comme pour l'opposition dans la Chambre , consistait toujours à vouloir ce que le gouvernement ne voulait pas, à combattre ce qu'il demandait, à refuser tout bienfait offert par lui comme cachant une trahison secrète, enfin à le rendre impossible afin qu'il tombât, et c'est par là en effet qu'il est tombé. >

On ne dissimulait plus guère le dessein arrêté de le renverser. On avait longtemps* traité le thème de la chute des Stuarts pour y montrer un exemple de pronostics à redouter; on le traitait maintenant comme

1 Un peu plus tard, daxiê le National, en septembre 1830.

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