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LIVRE XVIII. — MINISTÈRE POLIGNAC

à TÂngleterre par Polignac^et Ton en fit gratuitement un nouveau grief au ministère.

y. Le 6 janvier parut Tordonnance qui convoquait les deux Chambres pour le 2 mars.

Les ministres convinrent de ne présenter qu'un seul projet de loi important, celui d'une réduction nouvelle de la rente. Toutes les autres grandes lois devaient être ajournées. Chabrol, se fondant sur la prospérité financière, proposait de réduire le 5 pour 100 en 4 pour 100, moyennant quelques bonifications offertes aux rentiers et la faculté de remboursement. Il comptait obtenir ainsi un bénéfice de 40 millions, applicables en partie (15 millions) à un dégrèvement sur les droits de cir^ culation des eaux-de-vie et des vins, et en partie (25 millions) à des dépenses nouvelles qui compléteraient le système des défenses du pays et celui des voies de communications intérieures.

Mais le 12 janvier 1830 eut lieu l'adjudication de l'emprunt de 4 millions de rente 4 pour 100 autorisé par la loi du 19 juin 1828 pour les dépenses de l'intervention en Grèce. Or, cette adjudication se fit à 102 francs 7 centimes, ce qui devait gêner l'opération projetée, car il eût fallu maintenir la rente au pair pour faire accepter le remboursement.

Deux projets secondaires, l'un de Courvoister sur le duel, l'autre de Guernon-Rauville sur l'instruction primaire, devaient occuper la Chambre dans ses moments perdus.

La convocation du Parlement encouragea les entreprises des libéraux. Ils y virent l'arrêt de mort du

ministère. Le cabinet, de son côté, prévoyant que la Chambre pouvait déclarer les hostilités dès le vote de l'adresse , se demanda ce qu'il aurait à faire dans ce cas, et il décida qu'il ajournerait alors la session, contrairement à Tavis de Villèle, qui représenta que Tajoumement ne résoudrait pas la difficulté et l'aggraverait. Les ministres étaient d'autant plus embarrassés qu'ils ne comptaient dans leurs rangs aucun orateur, et que les luttes de tribune devaient leur être peu favorables. Gourvoisier était seul capable de soutenir une discussion. « Polignac croyait ce qu'il sentait, et marchait avec confiance vers son but, fermant les yeux sur les obstacles ' . » Il se fusait des calculs de majorité parfaitement illusoires et se payait de raisonnements qui ne l'étaient pas moins, comme celui-ci : que le ministère ne pouvait être mis en cause pour ses actes, puisqu'il n'en avait fait aucuns, et que l'opposition différerait de l'attaquer parce que ce serait attaquer le Roi.

Aussi le public avait-il peine à croire que le ministère osât affronter les Chambres. On faisait courir des bruits de remaniements ou de changements complets. Une des listes qui circula et celle qui fut le plus accréditée portait les noms réunis de Chateaubriand, Périer, Sébastiani et Dupin.

Les ministres créèrent le 27 janvier sept nouveaux pairs; Beugnot et le général Valée figurèrent sur la liste à côté de Labourdonnaye et de Vitrolles. Six élections partielles eurent'lieu à la même époque, et

' G*e8t Martignac qui 8*ezpnme ainsi dans sa défense de Poligoac devant la Chambre des pairs.

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