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LIVRE XVIII. — MINISTÈRE POLIGNAC

très-vive avec d* Haussez. Wellington menaça de porter Taffieiire devant le Parlement. La correspondance diplomatique entre les deux puissances prit un ton d'aigreur marqué. Le ministère anglais déclarait ù la France qu*elle serait responsable des conséquences de ses actes. Polignac répondit que la responsabilité appartiendrait tout entière à ceux qui auraient provoqué ces conséquences par leurs exigences. Le cabinet français annonça dans une circulaire, le 12 mai, qu'il ne se lierait par aucun engagement. Une nouvelle note anglaise exposa qu'une demande d'indemnité adressée à un pays qui ne pouvait la payer, menait à une occupation indéfinie, ce qui était une imitation de la politique russe, et il rappela que le droit de suzeraineté de la Porte sur la régence d'Alger devait être respecté. Polignac ne fit aucune réponse.

Cependant le Dauphin arrivait à Marseille le 5 mai. Quelques jours après, il passa la flotte en revue dans le port de Toulon, puis les divisions du corps expéditionnaire échelonnées sur les cotes de Provence. Les troupes et la marine rivalisaient d'enthousiasme.

L'embarquement dura sept jours, du 11 au 17 mai. On attendit un vent favorable; il souffla enfin, et la flotte mit à la voile le 25. Le 26, on rencontra un parlementaire turc qui venait offrir l'intervention de la Porte ; on le renvoya en France ; ses propositions n'étaient pas admissibles. L'amiral relâcha le l^juin à Palma, pour rallier ses bâtiments (|ui dépassaient le nombre de six cents. Après quelques retards, d'ailleurs prévus et dus à la nécessité de diriger toutes les

opérations avec ensemble, la flotte arriva le 14 juin dans la rade de Sidi-Ferruch, à cinq lieues d'Alger. On enleva une petite tour ai*mée de canons, appelée le fort du Marabout; le général Berthezène cbassades hauteurs voisines quelques corps d'Arabes, et le débarquement, nécessairement fort long, put s'opérer sans difficulté.

Le dey d'Alger avait fait du côté de la mer des ti*avaux défensifs, qui protégeaient sûrement le port et la ville contre toute attaque directe; mais les fortifications du côté de la terre étaient loin de présenter la même importance. Elles se bornaient à de hautes et anciennes murailles, et à un fort assez considérable qu'on appelait le fort de l'Empereur, situé sur une hauteur, à quelques centaines de mètres vers le sud. Le dey avait à sa disposition environ 50,000 hommes, mais presque tous irréguliers; c'étaient des Arabes ou des Kabyles. Il comptait peu de troupes régulières. Il venait même de découvrir une conspiration dans le corps de janissaires qui le servait, et il avait dû les châtier sévèrement. Dès que les Français parurent, il fit occuper à son armée le plateau de Staouéli.

Bourmont se retrancha à Sidi-Ferruch pour y attendre le moment où la cavalerie serait en ligne. Les cavaliers arabes vinrent le harceler en tirailleurs. Le 19 juin, ils se portèrent en grand nombre sur tout le front de nos troupes. On leur livra un combat en règle qui dura plusieurs heures. Bourmont, non content de les repousser, les poursuivit jusque sur le plateau de Staouéli, y enleva leur camp et s'y établit, ^ons eûmes plus de cinq cents hommes hors de com-

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