‹ Histoire de la RestaurationChapitre 227 sur 256 · LIVRE XVIII.— MINISTÈRE POLIGNAC · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII.— MINISTÈRE POLIGNAC

bat ; mais les pertes de Tennenii furent supérieures, et noire victoire jeta la consternation dans la ville d'Alger.

Le dey concentra ses forces sous les murs. Mustapha, bey de Tittery, nous harcela pendant plusieurs jours par des escarmouches répétées. Le 24, nous livrâmes encore à Sidi-Kalef un combat victorieux, où fun des fils du général en chef fut blessé mortellement. Nous demeurions sur la défensive, nous bornant à repousser ces engagements continuels, jusqu'au moment où tout serait prêt pour des actes décisiB».

Le 28, le débarquement fut achevé. On partit le 29 pour attaquer le fort de T Empereur, armé de cent vingt bouches à feu, et Ton commença le jour même à rinvestir. Le 30, les Turcs Krent une sortie et furent repoussés. Le 4 juillet, à quatre heures du matin, on ouvrit une canonnade terrible. Les Turcs y répondi- .rent avec vigueur, mais le fort fut battu en brèche, et vers dix heures la tour fit explosion, écrasant ses défenseurs sous ses débris. Un régiment partit au pas de c!ourse et s'y logea.

Le dey capitula aussitôt. Deux riches Maures d'Alger se présentèrent au quartier général en son nom. Il fut stipulé que la Casaubah et les autres forts seraient remis aux Français le lendemain 5 juillet; que le dey garderait sa liberté et sa fortune personnelle, et se retirerait où il voudrait, avec une garde pour le protéger; que les mêmes avantages seraient assurés aux soldats de la milice; que la religion et la propriété seraient garanties partout, et les femmes respectées.

Le 5, le drapeau blanc flotta sur Alger. On mit en

liberté les prisonniers chrétiens détenus au bagne; dans le nombre étaient les équipages de deux bricks français qui s'étaient brisés sur la côte d'Afrique au début des hostilités. Bourmont trouva dans la Casaubah quarante-huit millions en or, somme un peu supérieure aux dépenses de l'expédition, dix -neuf cents canons, de grands approvisionnements et des magasins de laine d'une valeur considérable. Le dey demanda à être conduit à Livoume.

Alger était une conquête que nous devions garder. Les Turcs et les Maures se soumirent sans beaucoup de peine. On obligea les janissaires et une partie des soldats turcs à s'embarquer et à quitter la régence. Les Arabes et les Kabyles, qui formaient la grande majorité des habitants, ne montrèrent pas la même docilité. Ils devaient nous disputer pied à pied chaque partie de leur territoire.

Les commandants de nos forces reçurent immédiament l'ordre d'occuper Oran, Bone et les autres ports de la régence. Le bey d'Oran se soumit vers la fin du mois et reçut Tinvestiture au nom de Charles X. Le vice-amiral Bosamel, second de l'amiral Duperré, se rendit à Tunis et à Tripoli pour y obtenir, de bon accord ou par la menace, des traités mettant fin à l'esclavage des chrétiens.

Le Roi envoya le bâton de maréchal à Bourmont, après quoi l'armée ne reçut plus aucunes nouvelles de France.

Cependant les ministres prirent, le 20 juillet, la résolution de garder notre conquête, et le 27, le duc de Laval, notre ambassadeur à Londres, déclara à

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