‹ Histoire de la RestaurationChapitre 239 sur 256 · LIVRE XIX. — LA RÉVOLUTION DE 1830 47T · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. — LA RÉVOLUTION DE 1830 47T

Vitrolles, Sémonville et d'Argout de porter à Paris la nouvelle du retrait des ordonnances et de la formation du nouveau ministère.

II. On se battait encore lorsque, vers midi, Laffitte décida la réunion des députés à entrer dans le mouvement. Il était urgent d'en saisir la direction et de rétablir Tordre. La Fayette fut invité à prendre le commandement des forces de Paris. Il s'empressa de Taccepter. Il dit qu'il serait à soixante-treize ans ce qu'il avait été à trente-deux ans; que son devoir était de répondre à la confiance publique. GuizotetBertinde Vaux appuyèrent un choix que les circonstances rendaient nécessaire. Les députés décidèrent encore de nommer une commission municipale parisienne pour assurer les approvisionnements et les services publics. Elle fut composée de Jacques Laffitte, Casimir Périer, Lobau, Mauguin, de Scfaonen et Âudry de Puyraveau.

La Fayette se rendit à l'Hôtel de ville, où il remplaça le prétendu général Dubourg. Il y fut acclamé. Il annonça la réorganisation de la' garde nationale, et il adressa un appel aux militaires. Le général Gérard, qui s'était déjà mis à la tète des deux régiments défecttonnaires, rallia encore quelques corps en leur donnant l'assurance qu'ils n'auraient pas à se battre contre d'autres troupes.

A huit heures du soir, les envoyés de Saint-Cloud arrivèrent à l'Hôtel de ville ; ilsy furent reçus poliment, mais avec froideur. La Fayette leur demanda leurs pouvoirs; ils n'en avaient pas. Il insista sur la nécessité qui s'imposait de prendre le drapeau tricolore, et

il leur conseilla de s'adresser à la réunion des députes qui se tenait chez Latïitte. D'Argout s'y rendit seul. Il y trouva quarante députés, auxquels s'étaient joints Thiers, Mignet, le duc de Broglie, Béranger. L'hôtel était entouré de combattants du jour et de la veille. D'Ârgout annonça la formation du ministère Mortemart; il soutint que c'était la solution la meilleure, et qu'on ne devait pas perdre de vue l'étranger. LafBtte lui répondit que les concessions étaient maintenant insuffisantes, et qu'une dynastie nouvelle pouvait seule gouverner. On s'étonnait que le duc de Mortemartne fKit pas venu lui-même, et tout ce que d'Argout put obtenir fut qu'on l'attendrait jusqu'au lendemain.

Pendant la nuit, LafBtte, Thiers et Mignet s'entendirent pour proposer le duc d'Orléans, qu'il le voulût ou non. Dès six heures du matin, une afBche parut sur les murs. Elle disait: « Charles X ne peut plus rentrer dans Paris; il a &it couler le sang du peuple. La République nous exposerait à d'affreuses divisions ; elle nous brouillerait avec l'Europe. » L'affiche rappelait ensuite que le duc d'Orléans était dévoué à la Révolution, et qu'il tiendrait sa couronne du peuple français.

La même nuit, LafBtte écrivit au duc qu'il ne lui restait à choisir qu'entre la couronne ou l'émigration. Odilon Barrot poussa de son côté la Fayette de se rallier à cette nouvelle royauté.

Le 30, Laffitte émit devant les députés qui se réunirent chez lui dès le matin, l'avis qu'il fallait tenir séance au Palais-Bourbon pour donner plus d'autorité aux décisions qui seraient prises. Paris était loin

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