‹ Histoire de la RestaurationChapitre 242 sur 256 · LIVRE XIX. — LA RÉVOLUTION DE 1830. 48Î · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. — LA RÉVOLUTION DE 1830. 48Î

Le 31 de grand matin, le duc d'Orléans reçut la dëputation de la Chambre. Elle lui représenta Turçence d^une décision, pour éviter la république. Il rédigea avec Dupin et Sébastiani la proclamation suivante :

a Habitants de Paris, les députés de la France en ce moment réunis à Paris ont exprimé le désir que je me rendisse dans cette capitale pour y exercer les fonctions de lieutenant général du royaume. Je n^ai pas balancé à venir partager vos dangers, à me placer au ifiilieu de votre héroïque population, et à (aire tous mes efforts pour vous préserver de la guerre civile et de Tanarchie. En rentrant dans la ville de Paris, je portais avec orgueil ces trois couleurs que vous avez reprises, et que j'avais moi-même longtemps portées. Les Chambres vont se réunir; elles aviseront aux moyens d'assurer le règne des lois et le maintien des droits de la nation. La Charte sera désormais une vérité. »

Cette déclaration fut portée aux députés, qui la reçurent avec acclamations, et la firent imprimer et publier. Laffitte présidait la séance ; il dit qu'on avait été surpris par les événements ; qu'on avait voulu rester sous l'empire de la Charte, mais que les ordonnances du 25 l'avaient détruite. « Au règne des lois, ajoutat-il, elles ont substitué la guerre civile; de là les catastrophes et les prodiges dont Paris a été le théâtre . » Maintenant il ne s'agissait plus de légalité, mais de sauver la patrie, de sauver les propriétés publiques et privées. La Chambre devait expliquer dans une déclaration sa conduite et ses actes.

Guizot rédigea cette déclaration avec Villemain,

Bërard et B. Constant^ puis vint la lire à la tribune. La France rentrait en possession de l'ordre et de la liberté. « Un gouvernement, ajouta-t-il, qui sans délai nous garantisse ces biens, est le premier besoin de la patrie. » Le duc d'Orléans était invité à accepter les fonctions de lieutenant général. «Il respectera nos droits, car il tiendra de nous les siens. Nous nous assurerons par des lois toutes les garanties nécessaires pour rendre la liberté forte et durable. » Ces garanties devaient être le rétablissement de la garde nationale, avec rintervention des gardes nationaux dans le choix des officiers ; le jury pour les délits de presse ; la responsabilité légalement organisée des ministres et des agents secondaires de Tadministration ; Tétat des militaires légalement assuré; la réélection des députés promus à des fonctions publiques. La proclamadon ainsi conçue fut adoptée par trente. et un membres présents et portée au Moniteur, qui la publia le lendemain P'août.

Cependant, loin que lagitation de Paris se calmât, la situation s'aggravait d'heure en heure. Les résolutions jugées d'abord les plus hardies paraissaient l'heure suivante timides et insuffisantes. Déjà le matin l'Hôtel de ville et la commission municipale avaient prononcé la déchéance de Charles X. La commission municipale nommait des ministres provisoires. La Fayette était obligé d'organiser avec les combattants des trois journées une garde nationale mobile.

Laffitte alla au Palais-Royal trouver le duc d'Orléans, et la Chambre y accompagna son président. On représenta au prince qu'il devait se rendre à l'Hôtel de ville.

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