‹ Histoire de la RestaurationChapitre 247 sur 256 · LIVRE XIX. — LA RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. — LA RÉVOLUTION DE

nation et d'observer fidèlement les lois constitutionnelles.

On convint que le rapport serait imprimé pendant la nuit, et que la discussion aurait lieu dès le lendemain matin. Guizot voulait défendre l'hérédité de la pairie ; mais il put s'assurer pendant la nuit que les dispositions de l'Hôtel de ville n'étaient rien moins que favorables. Le duc d'Orléans lui déclara qu'il ne voulait pas avoir d'émeute à combattre.

V. Le 7 août, LafBtte monta au fauteuil de {jrand matin, mais la séance ne put commencer qu'à dix heures. Bien que la garde nationale protégeât le Palais- Bourbon, on n'était pas sans inquiétude sur les faubourgs. De Conny soutint la légitimité comme un droit absolu et protesta contre la force. Benjamin Constant répondit que c'était le ministère Polignac qui avait employé la force, et que la révolution était légitime lorsque les droits du peuple avaient été violés. Hyde * de Neuville dit qu'il n'avait pas le pouvoir d'arrêter la foudre, mais qu'il resterait fidèle à la famille royale^ sans faire d'opposition aux actes qu'il ne pouvait approuver. Arthur de la Bourdonnaye soutint qu'il n'appartenait qu'aux trois pouvoirs réunis de modifier la Charte. Quelques autres orateurs parlèrent encore sans éclairer le débat. En général, les députés de la droite reconnaissaient, malgré leurs réserves, la nécessité de constituer un pouvoir capable d'enrayer la révolution. Berryer admit que la Charte pût être modifiée, mais nia que Ton pût statuer sur la transmission de la couronne.

Un seul député, Podenas, insulta Charles X; Martignac releva fièrement Tinsulte, tout en qualifiant le> ordonnances sévèrement.

La Chambre était pres<%ée ; elle se contenta d^eflBeorer des sujets qui eussent mérité d'être traités à fond. En ce qui touchait la Pairie , après avoir annulé les titres de pairs créés par Charles X, elle vota la révision de Tarticle 26 relatif à Thérédité, sur les instances de la Fayette qui se déclara formellement contre la pairie héréditaire. Sébastiani, confident du duc d*Orléans, adhérait à cette révision. La proposition de détruire l'inamovibilité de la magistrature fut rejetée à une grande majorité, sur les représentations de Dupin et de Villemain. Celle de faire de nouvelles élections et celle de soumettre la Charte à Tadoption du peuple furent également repoussées.

La Charte fut adoptée avec ces modifications à la majorité de 219 voix contre 33. On la porta au Palais- • Royal, où le duc déclara l'accepter, et le soir Paris entier fut illuminé.

Restait à connaître la décision de la Chambre des pairs. Elle ne reçut qu'à huit heures du soir le message des députés. Broglie fit décider qu'il serait pris en considération immédiatement. La Chambre, quoique sensible aux atteintes dont elle était l'objet, et dans le fond mécontente de son impuissance, était à peu d'exceptions près résolue ou résignée à se rallier au nouveau gouvernement. Ceux de ses membres qui déploraient le plus les derniers événements les jugeaient irréparables. Tenue à l'écart dans les derniers temps par Charles X et le ministère Polignac, la Pai-

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