‹ Histoire de la RestaurationChapitre 26 sur 256 · LIVRE XI. — MÏTSISTÈRE VlLLÏ:L.E · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — MÏTSISTÈRE VlLLÏ:L.E

quatre sergents pouvaient sauver leur tétc en faisaulir des révélations à la dernière heure ; ils s'y refusèrent. On prêta à Manuel ce mot ironiquement cruel : Ils ont su bien mourir.

Les carbonari les regardèrent comme des martyrs de leur cause. La légende des quatre sergents de la Rochelle se forma vite et fut exploitée avec non moins de succès que de perfidie ; car Téchafaud politique nuit toujours aux gouvernements. Cependant jamais châtiment n'avait été plus justifié. Louis XVIII avait eu le droit de dire : « Le devoir avant la pitié. «

Caron et son acolyte Roger, accusés de crime d'embauchage, furent jugés le 22 septembre par le conseil de guerre de Strasbourg. Caron fut condamné à mort et fusillé au Finkmark. Comme Roger ne fiaiisait plus partie de l'armée , le conseil de guerre se déclara incompétent et le renvoya devant la cour d'assises de la Moselle. Il fut également condamné à mort; mais sa peine fut commuée.

Berton et les autres accusés du complot de Saumur comparurent à leur tour devant la cour d'assises de Poitiers. Berton se défendit maladroitement, sans sincérité, et se montra devant les juges aussi peu sensé qu'il l'avait été dans sa malencontreuse écbauffouréc. Le procureur général Mangin prononça un réquisitoire remarquable, où il répondit aux attaques dont il avait été l'objet de la part des députés de la gauche. II rappela que leurs noms étaient prononcés dans toutes les conspirations ; que les complots étaient l'eÉfet naturel de leurs appels à l'insurrection ; que son devoir était de faire connaître aux jurés sur quel

appui comptaient les conspirateurs. « Us ont dit que nous ft'a[)pions par derrière ; qu'il y avait lâcheté , perfidie Les lâches, les perfides sont tous ceux qui

précipitent dans Tahîme des conspirations des hommes qu'ils trompent, abandonnent et désavouent. » S'il a été plus tard facile aux ennemis de la Restauration de relever quelques fautes de détail dans la marche de Taccusation , il n'en est pas moins vrai que le ministère public disait aux conspirateurs une guerre consciencieuse et courageuse , et que la justice devait parler et agir comme elle fit.

Berton fut condamné à mort le 5 octobre avec quatre de ses complices ; il y en eut deux pour lesquels la peine fut commuée. Un des condamnés, le médecin Caffé, s'ouvrit les veines pour éviter Téchafaud.

Plus tard quatre nouvelles condamnations à mort furent encore prononcées contre d'autres coupables qui avaient échappé ou des contumaces qui furent repris. Mais toutes furent suivies d'une commutation de peine.

L'histoire doit constater au sujet de ces rigueurs judiciaires, dont l'opposition fit grand bruit, que tous les inculpés furent jugés par le jury, et que tous les condamnés étaient coupables au premier chef.

Le résultat cherché fut obtenu. Le carbonarisme se désorganisa ou du moins posa les armes. Dès le mois d'août, les délégués des principales ventes, réunis à Bordeaux, avaient renoncé à toute tentative uoavelle.

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