LIVRE XII
le congrès de vérone et la guerre
d'espagne.
I. Affaires étrangères. Préparatifs du congrès. — II. Conférence préliminaire de Vienne. Congrès de Vérone. Ses décisions relatives à TEspagne. — III. Autres questions. L*Orient, les colonies, Tltalie. — IV. Division du cabinet. Démission de Montmorency.— V. Chateaubriand aux affaires étrangères. Sa poliûque. — VI. Session de 1823. Adresses des Chambres sur la guerre d'Espagne. — VII. Débat sur le crédit de cent millions à la Chambre des députés. — VIII. Expulsion de Manuel. — IX. La loi des cent millions à la Chambre des pairs. — X. Entrée du duc d*Angoulême en Espagne. — XI. Attaque de Textrème droite contre Villèle. — XII. Débats du Parlement anglais. Canning et Chateaubriand. — XIII. Les Français à Madrid. Leduc d'Angoulème et la régence d'Espagne. — XIV. Retraite des Cortès ù Sévillc et à Cadix. Poursuite des armées des Asturies, de Catalogne et d'Andalousie. — XV. Le duc d'Angoulème à Séville. Ordonnance d'Andujar. — XVI. Prise du Trocadéro* Capitulation de Cadix. Rétablissement de Ferdinand VII dans sa pleine autorité. — XVII. Retour du duc d'AngouIême à Paris. Résultats de la guerre d'Espagne.
I. La situation de TOrient avait peu changé depuis un an. Les Grecs soutenaient vaillamment contre les Turcs une lutte inégale. Leurs députés réunis à Epidaure avaient proclamé le P' janvier leur indépendance, et nommé un président du pouvoir exécutif, Maurocordato.
L'Autriche et l'Angleterre ne cessaient de repré-
senter à Saint-Pétersbourg que les Grecs étaient des rebelles en guerre contre un gouvernement légitime. Elles voulaient à tout prix empêcher une intervention de la Russie, sachant que la cause hellénique était chaudement soutenue auprès d^Âlexandre, et qu'elle trouvait une £aveur croissante dans tout le public européen.
Une conférence des cinq grandes puissances, proposée par Metternich, fut acceptée et s'ouvrit à Vienne le 28 juin. La Russie y exposa les demandes qu'elle voulait adresser à la Porte. Elles consistaient dans l'évacuation des principautés danubiennes, la nomination d'hospodars conformément aux traités, et une amnistie pour les Grecs. La Porte refusa absolument de négocier sur ces bases.
Les puissances s'occupèrent aussi de l'Espagne. Ferdinand VII fit remettre aux souverains, par le roi de Naples son oncle, une lettre pour leur demander leur appui.
En effet, l'état de la Péninsule allait chaque jour s'aggravant. Les Certes, réunies en vertu de la constitution rétablie de 1812, avaient été obligées de licencier l'armée de l'île de Léon après l'avoir récompensée, de fermer les clubs, et de sévir contre les révolutionnaires, tout en les ménageant et en laissant plus d'un crime impuni * . Il y avait donc moins d'ordre public qu'auparavant, et on ne le maintenait que par des mesures plus violentes. Les finances ne se relevaient
' Entre autres le meurtre du chanoine Vinuessa, un des conseillert du Roi, qui fut emprisonné, et que le peuple assomma dans la prison à coups de marteau.