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LIVRE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE

tenir Faccord entre les grandes puissances et d'ëtablir qu'elles agiraient en commun.

Montmorency, seul représentant de la France à la conférence de Vienne, y exprima ses dispositions belliqueuses avec peu de prudence. Alexandre, qui se disait placé par la Providence à la tête de huit cent mille hommes pour pacifier l'Europe et y détruire les éléments révolutionnaires , réclama l'intervention comme indispensable, et parla même de foire passer une armée russe sur le territoire français, idée que Montmorency repoussa d'une manière absolue. L'Angleterre, loin de partager ces sentiments, déclara qu'en aucun cas elle ne retirerait son envoyé de la cour de Madrid. Cet envoyé était alorsWilliam A' Court, choisi pour ce poste délicat entre ses plus habiles agents diplomatiques.

Sur ces entrefaites, lord Strangford, ambassadeur anglais à Constantinople, qui avait été chargé de présenter au divan les réclamations de la Russie, apporta h Vienne la réponse turque, qui était un refus absolu d'admettre une intervention, parle motif que la Russie avait favorisé le soulèvement des Grecs. Nesseirode répondit aussitôt en élevant ses exigences. Les Russes accusèrent lord Strangford de s'être mal acquitté de sa* mission, et de se feire l'interprète des accusations que la Porte dirigeait contre eux.

On était donc peu disposé à s'entendre, et déjà les débats étaient empreints d'une certaine aigreur lorsque les souverains quittèrent Vienne le 2 octobre. Us s'arrêtèrent chez le roi de Bavière à Tegernsée, et ils arrivèrent à Vérone le 15. Wellington et Montmorency les y suivirent.

Le congrès de Vérone ne fut pas moins brillant que ne l'avait été celui de Vienne en 1814. Les trois souverains du Nord y trouvèrent trois princes régnants, le roi de Naples, Tarchiduc de Toscane, le duc de Modène, plus une foule d'autres princes et de princesses. Neuf puissances y furent représentées par leurs principaux ministres. On y vit les ambassadeurs ou les envoyés accrédités par la France, T Au triche et la Russie auprès de la plupart des cours de TEurope, et en nombre un peu moindre ceux de rAngleterre et des autres Etats. Les réceptions et les fêtes se succédèrent avec éclat.

Montmorency se défiait de Mettemich, qui, régnant sur les affaires d'Allemagne, voulait régner sur celles de l'Europe ; il redoutait ses roueries et son jeu de bascule entre les puissances. II se flattait, avec un peu trop de confiance, de relever la France en s'appuyant sur la Sainte-Alliance, et de prouver ainsi aux souverains qu'elle n'ctait pas, comme on Ten accusait, l'âme et le soutien des révolutions.

Villèle, prévoyant que le congrès débattrait toutes les questions européennes, avait donné à nos plénipotentiaires des instructions à la fois étendues et précises. Ils devaient proposer une médiation entre les gouvernements d'Espagne et de Portugal et leurs colonies, et dans le cas où ces gouvernements la refuseraient, une reconnaissance des colonies déjà constituées. Parce moyen, on enchaînait l'Angleterre; on l'empêchait d'agir seule et surtout d'agir contre nous.

Ils devaient encore demander une réduction de l'armée d'occupation à Naples, l'évacuation du Pié-

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