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LIVRE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE

la sécurité du roi d'Espagne à la merci des Anglais. Il avait rédige pour la. légation française de Madrid une note précise, ipais qui n'annonçait aucune mesure comminatoire.

Le débat fut porté le 25 en présence du Roi. Villéle posa la question de cabinet. Tous les arguments expo* ses déjà de part et d'autre furent répétés ; Louis XVIII les écouta attentiTcment ; puis, résumant la discussion avec une remarquable netteté, il conclut qu'il ne pouvait, comme chef de la maison de Bourbon, abandonner FEspagne et son roi à la Révolution et à Tinfluence exclusive de l'Angleterre. « Mon ambassadeur, dit-il, ne doit quitter Madrid que le jour où cent mille Français marcheront pour le remplacer. »

Montmorency donna aussitôt sa démission, fondée sur les engagements personnels qu'il avait pris à Vérone et sur l'impossibilité où il était de changer de langage-

Le 26, Yillèle envoya à Madrid la note qu'il avait préparée ; le même jour, il la fit publier dans les journaux, contrairement aux usages diplomatiques. Il voulait prévenir les attaques de la droite. Par cette même raison, et pour que sa conduite ne fût pas interprétée à l'étranger comme un abandon des arrangements pris à Vérone, il proposa et fit agréer Chateaubriand pour ministre des afiaires étrangères.

C'était assurer à la France une action indépendante, mais ce n'était qu'ajourner la guerre. Ses ennemis Taccusèrent d'avoir fait trop ou trop peu.

Chateaubriand marchanda pour la forme son entrée au ministère. Il écrivit au Roi une lettre où, dit Ville-

main, il déguisait son acceptation sous la forme d'un ' refus. Nettement dit, avec non moins de vérité, qu'il prit possession de la succession, sauf à prendre ensuite le deuil. Il renouvela la demande qu'il n'avait cessé de faire, de donner des places à quelques ultras, comme Delalot, Vitrolles, Bertin, Bouville, pour ne pas avoir une opposition royaliste à la Chambre. Il eut même voulu en feiire entrer deux ou trois avec lui dans le cabinet pour y balancer l'influence de Villèle. MaisYillèle s'y opposa.

y. Si le génie et la grande renommée de Chateaubriand suffisaient pour justifier son élévation, il n'en montra pas moins, dans les courtes négociations qui la précédèrent, toutes les petitesses et les puérilités de son esprit. Il convient donc d'apprécier la conduite qu'il tenait depuis deux ans.

Ministre de France en Prusse en I82I, il avait mérité qu'on dit de lui qu'il était au-dessus ou au-dessous d'une ambassade. Il donnait au ministre des affaires étrangères, c'était alors Pasquier qui le goûtait peu, les conseils les moins pratiques, et il les donnait du ton d'un homme appelé à jouer un grand rôle. Afin de replacer la France au haut rang qu'elle devait occuper, il voulait qu'elle se mélàt des intérêts pour lesquels on ne la consultait pas. Ainsi, quand l'Autriche avait occupé le Piémont, il avait conseillé d'occuper la Savoie, persuadé, disait-il, « que cet acte de vigueur et de haute politique, en flattant l'amour-propre français, serait par cela seul très-populaire et ferait un honneur infini aux ministres... La cocarde blanche, ajou-

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