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LIVBE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE

d'appui. II ne négligeait aucune des satisfe étions quHI pouvait donner aux royalistes. Il en ËEÛsait entrer un plus grand nombre dans Tadministration ; il poursuivait les journaux de gauche, mettait en jugement le Courrier et le Pilote, qui furent suspendus pour quinze jours après un réquisitoire de Bellart, et supprimait plusieurs petites feuilles administrativement.

XII. En Angleterre, Topinion se prononçait de plus en plus contre la politique française. Les discussions de nos Chambres sur la guerre Tavaient encore surexcitée. Le duc de San Lorenzo, ambassadeur d'Espagne à Paris, s'étant retiré à Londres, y fut Tobjet d'ovations signiBcatives. Canning ménageait ces sentiments, et répétait que T Angleterre, qui avait rétabli les Bourbons, les abandonnerait aux risques qu'ils voulaient courir.

Cependant les ministres, qui étaient tories et qui connaissaient les dispositions de la Russie, ne voulaient pas faire la guerre. Ils se souvenaient de ce que celle de 1808 à 1814 leur avait coûté ; les intérêts du pays n'exigeaient pas le renouvellement des mêmes efforts, et l'état de l'Europe les en détournait. L'un d'eux, Peel, le déclara nettement dans le conseil. Notre chargé d'affaires, ISIarcellus, ne cessa de transmettre à Paris les assurances pacifiques les plus positives. Canning lui affirma , le 30 mars , que l'Angleterre garderait la neutralité, seule garantie contre une conflagration générale de l'Europe, et il chargea sir Charles Stuart, ambassadeur auprès des Tuileries, de répéter la même déclaration à Chateaubriand.

Lorsque le Parlement se réunit, le 14 avril, après les vacances de Pâques, et qu'une partie des pièces diplomatiques lui fut communiquée, l'opposition donna carrière, dans les deux Chambres, à sa mauvaise humeur contre la France , nos ministres et leur politique. Elle prononça des discours de la dernière violence. Elle exprima la crainte que le gouvernement français ne voulût s'indemniser avec les colonies espagnoles, ce qui ne pouvait se souffrir. Elle soutint que les ministres anglais eussent pu empêcher, sans compromettre la paix, l'attentat dont l'Espagne était victime. Brougham reprocha à Canning d'avoir été dupe de Chateaubriand, dont il fit un portrait des moins flatteurs et en partie vrai. Canning répondit qu'il partageait les sentiments pub^cs ; il exprima en plein Parlement ses vœux pour le succès de l'armée des cortès , mais il défendit en même temps la conduite du ministère et sa résolution de rester neutre. Conune ses adversaires maintenaient qu'il n'y aurait pas à hésiter entre le déshonneur et la guerre , il posa hardiment la question de cabinet, et l'opposition surprise s'abstint presque tout entière de voter.

Chateaubriand, qui se sentait approuvé par Wellington et Georges IV, se montra justement blessé des procédés de Canning, qui défendait la neutralité, écrit-il dans ses Mémoires, « avec force injures pour le Roi et pour la France. »

Il saisit la première occasion qui se présenta pour lui répondre devant la Chambre des pairs. Le ministère proposait d'appeler la classe de 1823 plusieurs mois d'avance. Mole avait critiqué l'expédition avec

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