‹ Histoire de la RestaurationChapitre 51 sur 256 · LIVRE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE

à cet effet; mais la négociation n'eut point de résultat. L*armée principale reprit sa marche en avant le 5 mai, lorsque Molitor eut balayé la vallée de TÉbre et qu'elle n'eut plus derrière elle que les deux places bloquées de Pampelune et de Saint-Sébastien. Elle s^avança dans la direction de Madrid. Elle entra le 9 à Burgos et y fut reçue avec enthousiasme.

L'armée constitutionnelle du centre ne tenta pas une résistance qui eût été vaine. Son chef, O'Donnel, comte de l'Abisbal, publia, le 16 mai, à Madrid, d'accord avec Morillo et Ballesteros, à la suite de pourparlers avec des officiers français , une déclaration portant que l'unique moyen de sauver l'Espagne était de mettre le roi en liberté , de modifier la constitution de concert avec lui, de convoquer de nouvelles cortès et d'accorder une amnistie générale. Il ajoutait, ce qui était peu sérieux, qu'à ces conditions l'armée française devait se retirer pour qu'on négociât la paix. Cette déclaration tardive, faite par un général qui refusait de cAnbattre, qui avait souvent changé de parti et qu'on suspectait de vénalité, exaspéra également les royalistes et les constitutionnels. L'Abisbal fut accusé de trahison par ses propres officiers, qui l'obligèrent à désavouer sa proclamation. 11 résigna son commandement et se réfugia en F'rance , non sans eourir le danger d'être fusillé sur la route. Ses lieutenants se replièrent vers le sud.

Le général Zayas, resté à Madrid à la tète de deux ^ments constitutionnels, venait de signer avec le uc d'Angouléme une convention qui assurait sa reaite, lorsque, le 20 avril, une bande royaliste, conxi. 8

duite par Taventurier français Bessières, et soutenue par quelques gens du peuple, voulut surprendre et forcer la porte d'Alcala. Zayas fit tirer sur elle le canon et la dispersa. La populace madrilène fut exasp^ rée. Le 23, au moment où les portes s'ouvraient à notre avant-^arde, conformément à la convention, elle envahit le palais des certes, le dévasta et se livra à d'odieuses vengeances contre les constitutionnels. Le duc d*Angouléme, qui fit son entrée le 24, rétablit Tordre et fut accueilli comme un libérateur par les uns, par les autres comme un protecteur.

Il était convenu avec Villèle que, pour se délivrer de la junte Eguia, dont Torigine n'était pas assez nationale, et pour se dégager d'une responsabilité dont le poids devenait chaque jour plus lourd ', on réunirait, aussitôt après l'entrée à Madrid, les membres^ présents du conseil de Castille et du conseil des Indes qui éliraient eux-mêmes une junte nouvelle. La mesure était sage; cette junte, ainsi constituée, devait avoir plus d'autorité que la précédente ; mais on se trompait en croyant qu'elle serait animée d^ autre esprit. En s'abstenant de dicter des choix, < n'obtint pas ceux qu'on eût désirés. Le duc d'Infieu tado, un des cinq membres élus, déclara uettemei qu'il repousserait le système des deux Chambres f l'amnistie. «

La nouvelle régence ne se Jaissa donc pas miei diriger que les précédentes. Ses premiers actes furei

* C'est ce qui résulte notamment de la correspondance de Vîllèle qui retient tans cesse sur cette idée.

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