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LIVRE XII. — LE CONGRES DE VÉRONE

le duc d'Angouléme la fit poursuivre par dix-sept mille hommes formant deux colonnes mobiles sous les généraux BordesouUe et Bourmont, qui devaient suivre deux routes différentes et se rejoindre à Séville.

Les cortès ne pouvaient se défendre dans une ville ouverte dont les sentiments leur étaient hostiles. Elles prirent le 9 juin la résolution de se retirer à Cadix et d'y emmener le roi. Ferdinand refusa de partir. Le II, TAssemblée, sur la motion de Galiano, le déclara atteint de Y empêchement moral prévu par la constitution, et nomma une régence provisoire ayant à sa tête Tamiral Val de s. Le Roi partit enfin dans la soirée du 12. Pendant que les six mille hommes qui formaient Tescorte du gouvernement sortaient de la ville, les habitants se soulevèrent, pillèrent la salle des cortès, et se livrèrent à tous les excès contre les constitutionnels. Une municipalité provisoire, mstallée à la hâte, s'empressa de reconnaître la régence de Madrid, et d'appeler pour sa protection les généraux jfrançais.

Le 15, Ferdinand arriva à Cadix, où les cortès le réintégrèrent dans l'exercice de l'autorité royale.

BordesouUe était entré ce jour-là à Cordoue. Bourmont entra le 21 à Séville, poursuivant sans les atteindre les corps espagnols qui se dérobaient devant lui, et dont l'un, celui de Lopez Banos, parvint à s'embarquer pour gagner Cadix. Le 24, les avantpostes français parurent devant cette dernière place et en entreprirent le blocus, malgré ses défenses formidables et les quinze mille hommes qui s'y étaient renfermés.

Quand la déposition momentanée du Roi fut connue.

lîO HISTOIRE DE LA RESTAURATION.

les sentiments royalistes éclatèrent dans toute TEspagne avec la même force qu'en 1808 ou en 1812. Les absolutistes entrèrent dans une véritable fureur. Le cri de : Mort aux negros ! retentit dans les villes. Les bandes royalistes commirent de nouveaux excès à titre de représailles. Le duc d'Angouléme écrivait aux ministres : tt Là où sont nos troupes, nous maintenons la paix 9vec beaucoup de peine; mais là où nous ne sommes pas, on massacre, onbrûle, on pille, on vole... Les corps espagnols se disant royalistes ne cherchent qu'à voler et à piller, et redoutent tout ordre régulier. »

La régence de Madrid voulut faire incarcérer comme otages les parents des constitutionnels retirés à Cadix. Le duc d'Ângouléme ne le permit pas : il menaça d'évacuer Madrid et de se retirer vingt-cinq lieues en arrière. Le décret fut modifié. Mais la régence déclara criminels de trahison et de lèse-majesté les députés qui avaient suspendu le Roi, et passibles de diverses peines les volontaires des milices constitutionnelles. Elle incarcéra ensuite ou exila tous les personnages qui avaient joué un rôle dans le gouvernement de 1820, sans en excepter les modérés.

Pendant ce temps, la populace de plusieurs villes entreprenait de se faire justice elle-même. A Saragosse, mille cinq cents personnes furent emprisonnées et les caisses publiques pillées. Gordoue fut le théâtre de scènes semblables.

Restaient encore trois armées constitutionnelles, celles de Morillo, en Galice et dans les Asturies, de Mina, en Catalogne, et de Ballesteros, à Valence.

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