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LIVRE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE

Morillo, depuis longtemps suspect à son parti à cause de ses opinions modérées, avait laissé le corps d'armée du général Bourke s'avancer jusqu'à lui presque sans résistance. Refusant de souscrire à la déposition du Roi et de reconnaître la régence de Sé- TÎlle. il nomma une junte spéciale pour les deux provinces de son commandement, et entra en négociation avec Bourke. 11 annonça le 26 juin qu'il attendrait que le Roi et la nation se fussent entendus sur le gouvernement qui convenait à l'Espagne.

Mais Quiroga, un de ses lieutenants, qui commandait à la Gorogne, fit une proclamation contraire et rallia quelques troupes. Il s'était laissé circonvenir par les réfugiés italiens et français, nombreux dans ce port. Moriilo, paralysé par cette défection, ne put maintenir sa neutralité et traita définitivement avec Bourke qui s'était avancé jusqu'à Lugo. 11 reconnut la régence de Madrid, moyennant quelques garanties pour son armée et pour les partisans des cortès. lies deux généraux unirent alors leurs forces, se firent ouvrir les portes du Ferrol, d'Orense. et de Vigo, villes demeurées fidèles aux cortès, et assiégèrent la Gorogne; la place leur résista un mois entier et ne capitula que le 13 août.

Dans les provinces basques, on continuait débloquer Saint-Sébastien et Pampelune ; mais l'indiscipline des bandes royalistes qu'on en avait chargé était telle qu'il fallut attendre, pour venir à bout de ces deux places, la réserve amenée par Lauriston.

En Catalogne, Mina, qui possédait les places fortes de Tarragone, Lérida, la Seu d'Urgel et Figuières,

faisait arec une activité et une hardiesse singulières une guérilla fevorisée par la nature du pays; il coupait nos convois, harcelait nos troupes et tenait nos généi*aux en haleine. Le maréchal Moncey, étant parvenu à dégager les abords de Barcelone, entreprit le 8 juillet le siège de cette seconde capitale de TEspagne. Mais la Catalogne était, comme autrefois, à peu près isolée du reste de la monarchie.

Molitor, après avoir déblayé la vallée de TÈbre et chargé les corps espagnols d'en bloquer les petites places, poursuivit Ballesteros au sud. Il entra le 13 juin à Valence, puis força le pont du Xucar à Alcira, et atteignit Murcie le 7 juillet sans pouvoir égaler la vitesse de Tennemi. La place forte de Lorca se défendit et fiit enlevée. Ballesteros, afEaibli par la désertion et ayant dû renoncer à se maintenir à Murcie, n* essaya pas davantage de le faire à Grenade. Il se jeta dans la région montagneuse qui s'étend de Grenade à Jaen, et livra, pour honorer sa retraite, un combat malheurreux à Campillo de Ârenas le 28 juillet. Battu et réduit à sept mille hommes, il tmta le 4 août avec Molitor, et reconnut la régence à des conditions à peu près semblables à celles de Morillo, dont il partageait d'ailleurs les idées.

XV. Les cortès, réfugiées à Cadix, s'y préparaient à la résistance. Elles rendaient les décrets les plus rigoureux contre tous les Espagnols qui avaient donné leur adhésion au duc d'Ângouléme. Mais leur situation était désespérée. Le mécontentement, l'inquiétude, les soupçons régnaient dans le gouvernement et dans

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