‹ Histoire de la RestaurationChapitre 56 sur 256 · LIVRE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE. 1Î · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — LE CONGRÈS DE VÉRONE. 1Î

Tannée. Les révolutionnaires les plus compromis criaient tous les jours à la trahison. L'amiral Yaldès et le général Zayas ne contenaient les troupes qu'à grand' peine. Les ministres furent obligés de déporter quelques-uns des agitateurs aux lies Canaries. On s'adressa à William A'Court, qui s'était retiré à Gibraltar, pour obtenir la médiation de l'Angleterre; elle fiit refusée. On tenta le 16 juillet une sortie qui fut conduite avec vigueur, mais repoussée.

Ciomme l'investissement prenait beaucoup de temps et présentait à cause de son étendue de grandes difficultés, Louis XYIII et ses ministres donnèrent au duc d'Angouléme Tordre de porter son quartier général à Séville et de réunir trente mille hommes devant Cadix, lis lui ouvrirent un crédit illimité pour acheter la liberté du Roi. Le prince quitta Madrid le 28 juillet avec la garde, heureux de s'éloigner de la régence. Elle voulait le suivre ; il le lui défendit.

En sortant de Madrid, il envoya à Yillèle une note qui ne devait être communiquée qu'au Roi et à Monsieur. Il y exprimait le regret qu'on n'eût pas imposé à TEspagne, dès le début, une constitution toute faite, modifiant celle de 1812. « Maintenant, ajoutait-il, quelque chose que nous fassions et quelques conseils que je donne à Ferdinand, l'absolutisme prévaudra. Les partis sont trop acharnés, trop haineux pour qu'il puisse en être autrement, et si nous prolongeons notre séjour en Espagne, nous nous verrons forcés de combattre les principes du gouvernement qui nous régit si heureusement et si glorieusement. Le Roi a pour lui le clergé, le bas peuple... tout ce qui est seigneur,

propriétaire ou bourgeois est contre lui... à peu d'exceptions près. Nous resterions dix ans en Espagne qu'au bout de ce temps les partis se massacreraient,

comme ils le feraient demain s'ils le pouvaient

Cette campagne aura d'avantageux pour nous d'avoir assuré au Roi une bonne armée et rendu à la France la considération qu'elle doit avoir en Europe... Le roi Ferdinand passe pour être faible et faux. Il me ferait cent promesses qu'il ne les tiendrait pas le jour

où j'aurais tourné le dos Ce pays se déchirera

pendant bien des années, mais, je crois, sans inconvénient pour nous. »

Ce qui irritait le plus le duc d'Ângouléme, c'est que les capitulations signées par ses commandants français avec les miliciens constitutionnels n'étaient pas respectées. Le commandant français de Burgos fît délivrer des miliciens incarcérés contrairement à une capitulation. La régence de Madrid demanda réparation. Le duc y répondit par une ordonnance datée du 8 août à Andujar ; elle autorisait les commandants français à fsàre élargir tout individu arrêté indûment et à arrêter à leur tour les contrevenants.

Les royalistes espagnols se récrièrent contre ce qu'ils appelèrent un attentat et l'usurpation d'une autorité militaire étrangère. La protestation de la régence fut tellement vive que Talaru et les ministres étrangers l'obligèrent à la retirer. Mais l'ordonnance d' Andujar ne fut pas publiée partout, et là où elle le fut, elle souleva de véritables fureurs. La division royaliste de Navarre, qui assiégeait Pampelune, signa une adresse d'une violence inouïe. La régence voulut la feire

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