LIVRE XIII
1. Projets de Villèle. Divisions da ministère. — II. Éjections de février 1824. Circulaire de Peyronnetaux fonctionnaires. Tablean de la nonrelle Chambre. — III. Loi sur la conversion des rentes adoptée pac les députés. — IV. Débats à la pairie. Loi de sep* tennalité. Loi militaire. Rejet de la conversion. — V. Rupture de Villèle et de Chateaubriand. Renvoi de Chateaubriand. Son opposition. — VI. Débats à la Chambre des députés. Vote de la Joi militaire, de la loi de septennalité. Les marchés Ouvrard. Le budget de 1825. — VII. Réorganisation du ministère. Rétablissement de la censure. Mort de Louis XVIII.
I. Villèle était obligé de donner à la droite des satisfoctions, et de compter de plus en plus avec ses exigences.
On fit des procès aux journaux libéraux et même à quelques députés de cette opinion. D'un autre côté, on n^osa poursuivre Lamennais qui avait écrit dans le Drapeau blanc contre le cabinet des articles liaineux et pleins de fiel, et Ton poursuivit à sa place l'éditeur du journal. On fit des choix de parti dans toutes les administrations, principalement dans celle de la police que dirigeait Franche t. On commit aussi des maladresses gratuites. On froissa le conseil de surveillance des prisons ; le duc de la Rochefoucauld, qui le pré-
sidait et qui était un des vétérans du parti libéral, se démit de toutes les fonctions gratuites qu'il exerçait.
Néanmoins il y a beaucoup à rabattre des accusations que les historiens libéraux ont prodiguées an ministère de Yillèle. Il subissait à regret la pression des ultras, et quand il ne pouvait y résister, il la modérait. Si même il ne résistait pas davantage, c^est que la guerre insensée que les libéraux lui avaient feite l'obligeait de se livrer plus qu'il n'eût voulu k des alliés incommodes et exigeants.
Yillèle et ses collègues se rendaient parfaitement compte de leur situation. Ils jugèrent le moment venu d'entreprendre quelques-unes des grandes mesures législatives que la droite croyait destinées à assurer l'avenir du pays, et qu'elle les avait déjà sommés d'exécuter.
Le renouvellement partiel et l'élection annuelle par cinquièmes, bien qu'ayant donné depuis la loi da double vote des résultats dont on avait lieu d'être satisfait, ôtaient à la composition de la Chambre des députés une fixité désirable, causaient chaque année une agitation fècheuse et entretenaient les espérances des partis. L'idée de faire nommer la Chambre ponr sept ans parut au cabinet le meilleur moyen d'assurer sa propre durée et la réalisation de ses projets. L'occasion était favorable, puisqu'une majorité royaliste était certaine. On pouvait même espérer que ia Chambre nouvelle serait plus homogène, et que l'extrême droite y compterait moins de représentants.
Sans doute des objections nombreuses se présentaient. Des élections générales, en retardant l'agitation.