LIVRE XIII. — LA SESSION DE
ridionale des garanties qu'il exigeait impérieusement. Georges IV désirait que Ferdinand Vil prit, au sujet de cette grande mesure, une initiative qui eût sauvé Thonneur de la couronne d'Espagne. Chateaubriand proposa de soumettre la question à un congrès qui se tiendrait à Paris, et où les colonies espagnoles seraient représentées. L'idée était peu pratique , et l'Espagne déclina la proposition, d'autant mieux que TAngleterre ne parut pas vouloir s'y prêter.
Quant à Villèle, après avoir publié deux ordonnances importantes , l'une sur la comptabilité financière et l'autre qui instituait un conseil supérieur de commerce, il prépara sa grande opération de la conversion des rentes. La condition essentielle était que la rente atteignit le pair. Elle y arriva le 16 février. On pouvait dès lors présenter aux rentiers le choix entre une réduction d'intérêt et le remboursement du capital. Villèle n'eut plus qu'à négocier un traité avec une association de banquiers français et éti*angers qui avançât les fonds nécessaires pour ce remboursement. Le traité fut signé en secret, la veille de la session, avec les maisons Laffitte, Baring et Rothschild, qui admirent en participation la banque Greffiulhe et Sartoris. Ces maisons se chargèrent de tout, moyennant l'abandon des bénéfices que l'opération procurerait à l'État jusqu'au 1" janvier 1826.
III. L'ouverture des Chambres eut lieu le 23 mars. Le Roi, bien afiaibli, mais soutenu par sa force morale, put supporter, contre toute attente, les fatigues de la cérémonie. 11 fut couvert d'applaudissements II. 10
quand îl parla des résultats de rexpédition d'Espagine. II annonça que les deux gprands projets soumis à la législature seraient celui de rétablissement de la septennalité et celui de la conversion des rentes ; que cette dernière opération permettrait à la fois de réduire les impôts et de fermer les plaies de la Révolution. Rarement discours du trône avait constaté un état politique et un état financier aussi prospères-
La vérification des pouvoirs souleva un premier débat qui fut irritant. Villèle soutint, contre la gauche, que la Chambre avait seulement à vérifier la régularité des opérations des collèges, que celle de la confection des listes était du ressort des conseils de préfecture et du conseil d'État. La Chambre montra beaucoup de complaisance pour valider les élections douteuses de quelques députés de la majorité ; il est rare que les partis soient impartiaux, et lorsque Bourdeau, qui était procureur général et appartenait au centre droit, attaqua Tune de ces élections, il fut mal accueilli par les ultras. L'élection de Benjamin Constant, à Paris, fiit, au contraire, très-contestée ; on avait découvert que la nationalité de Tancien tribun n'était pas bien certaine, sa femille étant devenue suisse après Tédit de Nantes, et les formalités de la rapatriation n^ayant pas été régulièrement remplies. Néanmoins, il finit par être validé, grâce à Tdntervention de Martignac et de Labourdonnaye lui-même, qui comprirent le danger de prononcer, sous un pareil prétexte, une seconde exclusion après celle de Manuel.
Ravez fut encore élu président. Les vice-présidents