‹ Histoire de la RestaurationChapitre 70 sur 256 · LIVRE XIII. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — LA SESSION DE

taire qui modifiait celle de 1818, œuvre du maréchal Gouvion-Saint-Gyr. On disait que le système de 1818 avait étë bon pour rétablir indirectement la conscription sous la seule forme alors acceptable, et pour as^rer à Tarmée une réserve telle que la permettaient les éléments existants. Mais on ajoutait que la France . avait besoin d'augmenter ses forces, que six appels de quarante mille hommes dont il fallait dé&lquer les non-valeurs étaient insuffisants; qu'il en fedlait huit de soixante mille hommes chaque ; qu'un service de huit ans pouvait seul assurer de bons soldats ; que la réserve des vétérans n'avait pas donné ce qu'on attendait d'elle et pouvait être remplacée avantageusement par une réserve de jeunes soldats. Le nouveau projet, proposé par le ministre de la guerre, fut soutenu par le maréchal Suchet, rapporteur de la commission;. Gouvion-Saint-Cyr défendit avec beaucoup de vivacité la loi qui portait son nom. Elle formait un ensemble qu^on ne pouvait attaquer sans danger; on allait rétablir la conscription avec ses anciens abus; les règles insoGfisantes établies au titre de l'avancement allaient être non pas complétées, mais infirmées. Malgré ce plaidoyer tout personnel, le projet, soutenu avec modération par le ministre et avec énergie par le duc d'Albuféra, fut adopté par cent dix voix sur cent trentehuit.

Le rapport à la Pairie sur la loi des rentes fut lu le 21 mai par le duc de Lé vis. La commission s'était demandé si la loi était juste et si elle était profitable. Sur sa justice nul doute possible. Le rapporteur prouvait qu'elle était profitable; qu'un État peut trouver à

accroître le capital de sa dette un avantage qu^un particulier n'y trouve pas ; que la plus-value des rentes n'est pas payée par TÉtat, mais par les acheteurs nouveaux; que l'argument du trouble apporté dans les fortunes privées avait peu de valeur, puisque les rentiers pouvaient toujours vendre leurs titres à un prir élevé et trouver pour leurs fonds , quoi qu'on voulût dire, un emploi utile. Si Ton rendait les conditions de Tamortissemçnt plus onéreuses, Tobjection était secondaire, puisque FÉtat restait maître de régler Famortissement suivant ses besoins. Mais le duc de Lé vis constatait aussi que la commission ne pouvait se prononcer sur le contrat avec les banquiers, parce qu'elle n'en avait qu'une connaissance imparfaite.

Les dispositions des pairs paraissaient incertaines. Yillèle, inquiet Vie l'attitude de Chateaubriand qui affectait de se désintéresser de la loi, s'en expliqua ouvertement avec lui. Chateaubriand refusa de la soutenir.

Yillèle se sentit donc gêné quand il aborda la tribune de la Chambre haute. Il fut obligé de débuter par l'exposé de son traité avec les banquiers, et un incident qui s'éleva sur la proposition faite par un de ces banquiers d'en améliorer les conditions produisit sur la Chambre un effet facile à comprendre.

Roy acheva d'ébranler les esprits incertains par une redoutable argumentation. Il accordait pleinement le droit de l'État et l'avantage du remboursement, mais à la condition d'une baisse réelle de l'intérêt dans les transactions ordinaires. Or cette condition n'existait pas. 11 exigeait aussi que le gouvernement pût faire

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