‹ Histoire de la RestaurationChapitre 74 sur 256 · LIVRE XIII. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — LA SESSION DE

qui étaient à sa tête, prétendaient acquérir la propriété des journaux de la gauche pour les faire disparaître, et de ceux de la droite pour leur imprimer une -direction. La liste civile passait pour avoir contribué k former les fonds de cette caisse. L'œuvre eut peu de succès ; on racheta quelques feuilles d'ordre secondaire^ •et un procès entamé avec la Quotidienne fit scandale. Le royaliste Michaud, principal propriétaire et rédacteur de ce journal, en ayant été expulsé malgré sa résistance, s'y fit réintégrer parjugement; la plaidoirie de son défenseur Berryer, qui protesta éloquemment <;aiitre la prétention d'acheter les consciences, eut un retentissement éclatant. Villèle était resté étranger à <;es négociations malheureuses; Corbière avait eu le tort de s^y mêler.

Quelques autres acquittements prononcés par les tribunaux et la cour de Paris dans des procès intentés plus ou moins maladroitement fournirent encore un triomphe aux libéraux et aux opposants de toute nuance. Ce fut alors que le premier président Séguier prononça ou que peut-être on lui attribua ce mot c^ lèbre : « La cour rend des arrêts et non des services. • Yillèle, dont le mécontentement tournait à l'aigreur, écrivait à cette date dans son journal particulier': «Tous les corps inamovibles, pairs et juges, manquent au gouvernement. »

YL La Chambre des députés eut à se prononcer «ur les lois votées par la Pairie.

Elle adopta le 2 juin la loi de recrutement, non sans débats. Labourdonnaye s'attacha à démontrer qu'elle

aflaiblissait jusqu'à le rendre dérisoire le concours de la Chambre à la formation de Tarmée. Le général Foy parla des conditiohs nécessaires d'une bonne armée avec sa vivacité communicative, son expérience pénétrante et une modération qui ne lui était pas habituelle. II eut ce jour-là un de ses plus beaux succès oratoires. Le projet fut adopté, parce qu'on voulait une force militaire plus considérable que celle que permettait la loi de 1818. Labourdonnaye saisit l'occasion pour demander qu'on modifiât le titre de Tavancement, que les royalistes déclaraient porter atteinte à la plénitude de la prérogative royale. Suivant eux, Tunique moyen de rendre l'armée monarchique était d'appeler aux emplois d'officiers le plus grand nombre possible de fils des grandes femilles; la proposition fut rejetée.

Vint ensuite la loi de la septennalité. Martignac •prouva dans un rapport remarquable que le pouvoir préexistant qui avait donné la Charte, et les pouvoirs légaux qu'elle avait créés, avaient parfaitement le droit de la modifier quand des modifications étaient reconnues nécessaires. Il reproduisit ensuite avec une grande force de logique tous les arguments déjà présentés en faveur du projet.

Le succès n'était pas douteux. Castelbajac soutint que le Roi et les Chambres avaient le pouvoir constituant; qu'autrement il faudrait placer ce pouvoir dans la souveraineté du peuple. Ce fut aussi l'argument de Villèle. Néanmoins de Ricard et d'autres orateurs exposèrent quelles illusions on se faisait sur les effets du renouvellement intégral. Royer-Collard prononça dans ce dernier sens un discours magistral et philoso-

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