‹ Histoire de la RestaurationChapitre 79 sur 256 · LIVRE XIII. — LA SESSION DE i8î · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — LA SESSION DE i8î

secondaire ', et sur le monopole des tabacs dont les résultats étaient si manifestement avantageux que ses adversaires les plus convaincus commençaient à l'attaquer plus faiblement, la Gbambre examina le 23 juin les crédits supplémentaires ouverts pour la guerre d'Espagne . Martignac et Yillèle s'attachèrent à dén)ontrer que le concours d'Ouvrard, si onéreux qu'il fàt, avait été inévitable. Alors le général Foy demanda pourquoi il Pavait été, et soutint que le ministère était responsable des fautes de ses agents. « Le gouvernement représentatif ne peut, dit-il, être le blanc-seing de la profusion. » Pour obtenir le vote des crédits, Martignac dut se rallier à l'idée de renvoyer l'examen des marchés à une commission spéciale d'enquête. Cette commission fut composée de six membres choisis dans les Chambres par le ministère, et fonctionna sous la présidence du maréchal Macdonald. C'était simplement ajourner le débat.

Le budget fut voté sans difficulté. L'extrême droite, qui formait à elle seule presque toute l'opposition, saisit pourtant l'occasion de développer ses thèmes habituels sur le faste coûteux de l'administration et la multiplicité de ses rouages. Elle proposa d'augmenter les dépenses du clergé, de mettre les Godes en harmonie avec les besoins de la religion et de la monarchie, d'augmenter les attributions des autorités départementales et communales. Quelques-uns de ses membres allèrent plus loin. De Bertier ne demanda

^ Lois sur les marques de fabrique, les chemins vicinaux, les pensions et retraites militaires, les tarifs de douanes.

rien moins que le rétablissement des parlements, celui des généralités, et la restitution au clergé de la dotation votée par la Constituante. Bourdeau, un des députés les plus opposés au système des ultras, dit à ce propos : « Ils veulent Fancien régime avec lei Jésuites de plus et les libertés gallicanes de moins. • Le ministère répondit peu à ces discours. Corbière se borna presque à demander comment on pouvait dé^ centraliser sans porter atteinte à Tautorité royale.

D'ailleurs, la majorité de la Chambre s'accordait à reconnattre que le projet de bouleverser Fadministration était chimérique ; qu'il était puéril de chercher là des économies, et que le seul moyen de rendre le budget supportable était d'augmenter l'industrie, la production et les débouchés.

Labourdonnaye, loin d'avoir désarmé, cherchait un terrain Saivorable pour recommencer la guerre contre le ministère et le forcer à capituler. Il crut le trouver dans le chapitre des fonds secrets. Il déclara que ces fonds avaient été employés à enlever à l'opinion ses organes, et à ruiner toutes les libertés ; qu'itê avaient payé les frais d'élections où des fonctionnaires publics trop zélés s'étaient faits les complices d'un attentat politique. Le trafic des élections s'était compliqué du trafic des journaux. Les ministres étaient réduits à la violence pour faire taire Topinion qui les repoussait, à la corruption pour remplacer la confiance qui s'éloignait d'eux.

Labourdonnaye fut rappelé à l'ordre, et Corbière profita de ses fautes pour repousser l'attaque sinon avec beaucoup d'habileté, du moins avec un plein

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