‹ Histoire de la RestaurationChapitre 83 sur 256 · CHARLES X. — LA SESSION DE · texte numérisé non relu

CHARLES X. — LA SESSION DE

I. Situation du ministère et des partis* — II. Lois sur la liste civile et Tapanage d'Orléans. Loi sur les communautés de femmes. Loi du sacrilège* ^ III. Loi sur l'indemnité aux émigrés. — lY. Loi de la conversion des rentes. — V. Autres débats. Les marchés Ouvrard. Le budget de 1826. — YI. Sacre de Charles X à Reims. — YII* Règlement de Tindemnité de Saint-Domingue. — YIII. Affaires de Grèce. — IX. Procès et acquittement du Courrier et du Constitutionnel pour attaques à la religion.

I. Le comte d'Artois monta sur le trône et prit le nom de Charles X* C'est depuis un siècle ëcoulë la seule fois que Tordre régulier de succession n'a pas ^té troublé. Cette transmission paisible de la couronne parut de bon augure pour la monarchie des Sourbons; elle était de nature à augmenter la confiance publique.

Le nouveau roi annonça que son règne serait la ^continuation de celui de son frère. 11 commença par signer des grâces. 11 s'efforça de donner à tout le monde de bonnes assurances. Il avait eu soin de £aire entrer ^u conseil , quelque temps avant la mort de Louis XY III, son fils le duc d'Angouléme, qu'il savait bien vu de l^armée.

Charles X avait les qualités que Louis XVIII n'avait

pas eues. On vantait sa bonté, sa bonne grâce, son esprit ouvert, sa facilité d'abord. Il aimait à plaire; et il savait y réussir. Mais avec une droiture parfaite d'intentions, il avait peu de sûreté dans le jugement, peu de fermeté dans le caractère et une certaine mobilité d'idées. Il écoutait trop volontiers les officieux, et il avait trop le goût de la popularité, circonstance qui permit aux libéraux d'espérer de lui plus ou moins sérieusement des mesures libérales.

II tint à garder les ministres en fonction Villèle et Corbière obéirent. Ils comprirent cependant que leur position était changée. La volonté de Louis XVIII, devant laquelle tout s'inclinait aux Tuileries, les avait soutenus contre des attaques et des intrigues puissantes. Cet appui devait désormais leur manquer. Ils savaient que Charles X prêterait l'oreille aux courtisans, qu'il aurait des favoris, et que l'opposition de la cour et des salons ne serait pas moins dangereuse pour eux que l'hostilité des Chambres et de la presse. Les courtisans, tout en reconnaissant les talents de Villèle, l'accusaient d'être faible, insuffisant, et d'écarter avec un soin jaloux les grandes influences ; ils ne pouvaient manquer d'entrer en campagne contre lui.

Aussi reçut-il de quelques amis, tels que Berryer, le conseil de foitifier son ministère en y rappelant Bellune et Montmorency, et en donnant à Chateaubriand une grande ambassade, celle de Rome ou celle de Constantinople. A les en croire, il ne pouvait se maintenir qu'à ce prix. Mais les brouilles étaient trop sérieuses pour qu'on revint sur le passé. Villèle se fût

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