‹ Histoire de la RestaurationChapitre 98 sur 256 · II · texte numérisé non relu

II

La discussion du budget n'offrit aucun intérêt particulier. L'état financier était excellent. Le ministre présenta avec une satisfaction légitime les résultats obtenus ; il constata que la plus-value des contributions indirectes avait été de 81 millions dans les six dernières années, et de 50 millions dans les trois dernières.

Un député de la droite, Bacot de Romand, accusa le système d'administration d'être tyrannique et corrupteur; il ressassa longuement à ce propos tout ce qui avait été dit ou pouvait Tétre contre la centralisation, à laquelle il opposa certaines institutions de l'ancien régime. Il voulut forcer Yillèle et Corbière à s'expliquer sur la question et les mettre en contradiction avec leurs opinions de 1815 et de 1816, c'est-àdire du temps où ils étaient les organes de l'opposition de la droite. Corbière n'hésita pas à déclarer que l'expérience avait modifié ses idées, et il démontra que la part d'impôts dont on pouvait laisser aux conseils généraux le vote et la disposition ne s'élevait qu'à 22 millions ; encore fallait-il que leur action fût subordonnée à celle du gouvernement et des Chambres*

Ces réclamations intempérantes de la droite fournirent aux libéraux l'occasion d'intervenir dans le débat pour y soutenir, tout en y apportant leurs passions, des vues plus pratiques et plus sensées. Girardin prouva que ceux qui demandaient le rétablissement des anciennes assemblées provinciales sous la forme plus moderne de grands conseils généraux connaissaient mal le passé et ne se doutaient pas des iiifiBcultés qu'ils susciteraient à la monarchie. « Détruire

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