‹ Histoire de la restauration (volume 5)Chapitre 11 sur 23 · III · texte numérisé non relu

III

Tout allait dépendre de Taction des étrangers. On n*avait pas encore de nouvelles de Tambassade envoyée aax souverains et qui, comme je Tai expliqué, n'avait rien de sérieux^ mais les rapports des commissaires cbacgés de demander une suspension d*armes aux généraux alliés ne laissaient déjà plus de doutes sur la détermination prise par les étrangers de relever le trône des Bourbons.

Nous avons vu avec quelle brutalité Blûeher avait éoonduit ces commissaires. Le Hm de Wellington, qu'ils rencontrèrent à Ëstrées, leur fit un accueil plus coartois. Foucbé leur avait remis pour lui une lettre qye Ton pouvait considérer comme une espèce de manifeste : il y disait que la nation française voulait vivre sous un monarque, mais qu'elle voulait aussi que ce monarque régnât sous l'empire des lois , que la République avait fait connaître tout ce qu'avaient de funeste les excès de la liberté, l'Empire tout ce qu'avait de dangereux l'excès du pouvoir, que le vœu immuable des Français était de trouver, à égale distance de ces excès, l'indépendance, l'ordre et la paix, que leurs regards étaient fixés sur la constitution de l'Angleterre, qu'ils ne prétendaient pas être plus libres qu'elle, mais qu'ils ne consentiraient pas à l'être moins, que les représentants du peuple travaillaient à son pacte social, que dès qu'il aurait reçu la signature du souverain qui serait appelé à régner sur la France, ce souverain recevrait le sceptre et la couronne des mains de la nation , que dans l'état des lumières de l'Europe, un des plus

grands malheurs du genre humain consistait dans les divisions de la France et de TAngleterre et que leur union ferait le bonheur du monde; il adjurait le duc de Wellington de mettre le comble à sa gloire en travaillant à assurer un tel résultat. Cette lettre, communiquée à la Chambre des représentants, avait été fort applaudie par les membres de cette assemblée, qui ne s'étaient pas aperçus apparemment que rien, dans les vœux qu'elle énonçait, n'était inconciliable avec une restauration bourbonienne. Les membres de la commission executive, à qui Fouché Vavait soumise préalablement, n'y avaient fait non plus aucune objection. LMIlUsion était si forte qu'il avait pu faire usage d'une semblable pièce pour rassurer quelques députés qui, craignant de Tinterpeller h la tribune, étaient venus l'entretenir confidentiellement des bruits répandus sur ses projets en faveur des Bourbons, et qu'après l'avoir lue, ils s'étaient retirés satisfaits.

Leduc de Wellington, cependant, lorsque les commissaires lui proposèrent un armistice, refusa d'y consentir et déclara que l'abdication de Napoléon ne lui paraissant qu'une manœuvre destinée h arrêter la marche des armées alliées, il était décidé à poursuivre ses opérations. i^es commissaires lui répondirent que, suivant toute apparence, Napoléon était déjà loin de Paris. Comme, œpendant, ils n'en avaient pas la certitude, divers moyens furent suggérés pour se débarrasser de lui dans le cas où il n'aurait pas encore quitté la Malmaison : on parla de l'envoyer en Angleterre, de le livrer à son beau-père

l'empereur d'Autriche. Le duc, après avoir donné Tassurance qu*il n*était pas autorisé à s'occuper de pareilles combinaisons, n*hésita pas à affirmer que si Napoléon était envoyé en Angleterre, le prince régent le garderait pour disposer de lui de concert avec ses alliés et que Tempereur d'Autriche n'agirait pas autrement. « Au » reste, dit-il aux commissaires, si vous avez l'intention » d'en finir de cette manière avec Bonaparte, envoyez-le- » nous tout de suite, au prince Blucher ou à moi ; c'est » ce que vous pouvez faire de mieux. » Lès commissaires ayant demandé si, au cas que Napoléon se fût en effet éloigné, on consentirait à un armistice : « Bonaparte, » reprit le duc de Wellington , n'est pas notre seul » adversaire ; il a des adhérents qui ne sont pas moins que » lui les ennemis déclarés des alliés. Avant donc de sus- » peAdre mes opérations, il me faudrait voir établi en » France un gouvernement qui donnât à FAngleterre et à » l'Europe de solides garanties de paix. » Et comme les commissaires demandaient quelles seraient les garanties propres à satisfaire les alliés, il ajouta : « Je ne suis pas » autorisé par mon gouvernement, encore moins par les » alliés, à traiter ce sujet ; tout ce que je puis faire est de » donner mon opinion comme simple particulier. La res- » tauration de Louis XVIII est ce qui donnerait le plus » de sécurité à l'Europe, tout autre gouvernement con- » duirait à des guerres nouvelles et interminables. Ce sont » Bonaparte et l'armée qui ont renversé le gouvernement » du Roi. Bonaparte ayant disparu et l'armée se trouvant

» battue, le parti le plus naturel est donc de rappeler le » Roi, de le rappeler sans conditions et en se confiant à » la force de la constitution pour les réformes à opérer. » Ce rappel sans conditions sera plus digne et, si vous » m'en croyez, vous le ferez sans perdre de temps. Vous > éviterez ainsi l'apparence de céder à la force. »

Le mot décisif était prononcé. Il ne parut pas effarou cher les commissaires. Chacun d'eux protesta de son désir de voir Louis XVIIt remonter sur son trône ; ils prétendirent même que c'était aussi le vœu du gouvernement, voyant apparemment dans Fouché tout le gouvernement, mais ils exprimèrent le doute que les Chambres pussent être amenées à consentir au rappel du Roi sans exiger de lui l'engagement formel d'établir la responsabilité effective de l'administration et d'attribuer au Corps législatif l'initiative des lois. Le duc répliqua qu'il avait tout lieu de croire le Roi disposé à faire ces concessions, mais que c'étaient là des questions secondaires auxquelles il ne pensait pas qu'on dût s'arrêter. Par un singulier hasard, un aide de camp, entrant en ce moment dans la salle où se tenait la conférence, lui remit une dépêche qui contenait la proclamation publiée l'avant-veille à Cambrai par Louis XVIII.

Il la montra aux commissaires, comme un document pro-

pre à lever leurs objections. Plusieurs passages obtinrent leur approbation, mais ils se récrièrent contre celui quiannoùçait la convocation de Chambres nouvelles à la place des. assemblées en ce moment réunies, et surtout contre celui qui menaçait certaines personnes de l'exil ; ils eussen t

Toulu au moins qu'il fût bien entendu qa*il s'agissait des auteurs du 20 mars, et non pas des régicides* Le duc de Wellington n'admit pas que l'inquiétude qu'ils témoignaient sur ce dernier point eût le moindre fondement ; i> se chargea d'ailleurs de transmettre leurs observations à M. de Talleyrand.

Dans le cours de la conversation, les commissaires avouèrent que les Chambres, en proclamant Napoléon II, n'avaient eu d'autre but que de calmer l'irritatiotl de l'armée. Cependant, avant de prendre congé du géiiéral anglais, ils le prièrent de leur faire savoir si la nomination d'une régence chargée de gouverner an nom de ce jeune prince pourrait satisfaire les alliés et arrêter leur marche. Après tout ce qui venait d'être dit, une pareille question était étrange; très>probablement elle n'était faite que pour la forme et ceux qui la posaient né durent pas être surpris de la réponse négative qu'ils reçurent aussitôt. Ils demandèrent alors plus sérieusement ce qui arriverait si un Bourbon autre que Louis XVIK était appelé au trône. Wellington refusa d'abord de s'expliquer sur cette hypothèse, mais vivement pressé par un des commissaires, il promit d'y réfléchir et de faire connaître plus tard son avis personnel.

Une seconde conférence eut lieu pendant la nuit suivante à Louvres où il venait de transférer son quartier général. Les commissaires l'ayant de nouveau interrogé sur l'éventualité d'un appel du duc d'Orléans à la couronne, il leur répondit qu'après mûre réflexion il ne voyait

aucun inconvénient à leur faire connaître son opinion comme simple particulier, que, dans sa conviction, TEu-

rope ne pouvait espérer de conserver la paix qu*à la condition de maintenir Louis XVIII sur le trône de France, que tout autre, quels que fassent ses qualités et son rang, serait un usurpateur, serait forcé d*agir en usurpateur et de cherchera distraire la pensée du pays de rillégitimilé de son titre par la guerre et la conquête, que les puissances ne sauraient donc consentir à la nomination d'un autre roi sans exiger de lui de plus fortes garanties, c'està-dire des conditions rigoureuses , et que , pour sqj* compte, il emploierait toute son infltlence à faire rejeter un tel arrangement. Les commissaires parurent comprendre la force de ces considérations; quelques-uns même y donnèrent un plein assentiment.

Le lendemain, le duc de Wellington se rendit au quartier général du maréchal Blûcher et lui raconta les détails de ces conférences, ils tombèrent d'accord qu'en tout état de choses l'évacuation de Paris par les troupes françaises serait la condition absolue d'un armistice, que de plus, aussi longtemps qu'on ne leur aiirait pas donné la preuve du départ de Napoléon, ils se refuseraient à toute suspension d'hostilités à moins qu'on ne le leur litrâti et une réponse énonçant celte dernière exigence fut envoyée, à Louvres, aux commissaires français. Le duc de Wellington eut encore avec eux, le 1" juillet, une troisième entrevue. Ils lui remirent deux lettres, l'une du maréchal Davoust, demandant formellement la suspension

immédiate des opérations militaires, Fautre de M. Bignon, ministre des affaires étrangères, annonçant en termes positifs le départ de TEmpereur, et ils demandèrent à connaître les conditions auxquelles Farmistice pourrait être accordé. On leur indiqua ainsi ces conditions : il fallait que les armées alliées gardant leurs positions actuelles, l'armée française se retirât derrière la Loire et que la garde nationale restât seule chargée du maintien de Tordre dans Paris jusqu'à ce que le Roi en eût ordonné autrement. Les commissaires présentèrent des objections contre Féloignement de l'armée, mais le duc de Wellington ayant répliqué que toute discussion à ce sujet serait inutile, que le Roi ne pouvait se metlre à la merci de l'armée et des Chambres, et que les alliés poursuivraient leurs opérations tant qu'il resterait un soldat français dans Paris, ils prirent congé de lui pour, aller rendre compte au gouvernement, ou plutôt à Fouché, du résultat de leur mission.

Quelque dures que pussent paraître de pareilles stipulations, le gouvernement et en général les hommes influents élaient peu disposés à une résistance opiniâtre dont le succès leur semblait impossible, et ils s'efforçaient de préparer les esprits à une soumission devenue nécessaire. La veille, avant l'ouverture de la séance de la Chambre des pairs, l'archichancelier, sans doute à l'instigation de Fouché, avait réuni dans un des salons du Luxembourg une partie des maréchaux présents à Paris et plusieurs autres 'officiers généraux membres de cette assemblée, pour

se concerter sur les moyens de sauver le pays. Le maréchal Soult, prenant le premier la parole, avait tracé un tableau exagéré de Tétat de d émoralisation où Tarmée était tombée, de la supériorité des forces de Tennemi; il s'était attaché à démontrer que, depuis l'occupation d'Âubervilliers par les Prussiens, la ligne de défense pouvait être attaquée et forcée d'un moment à l'autre et que, si elle l'était, on était exposé à voir les alliés pénétrer dans Paris pêle-mêle avec les troupes françaises; il avait dit qu'une prompte négociation pouvait seule mettre la ville à l'abri des conséquences d'une prise d'assaut. Les maréchaux Ney, Mortier, Grouchy et quelques généraux avaient exprimé la même conviction. D'autres , avec le maréchal Lefèvre, avaient soutenu au contraire qu'on pouvait et qu'on devait se défendre. Le débat s'était animé, mais le duc Decrès ayant fait remarquer qu'une telle délibération, irrégulière en elle-même, ne pouvait conduire à aucun résultat, on s'était séparé sans rien conclure .

Le maréchal Davoust n'avait aucune envie de risquer, sans une nécessité absolue , la chance terrible d'une bataille devant Paris. Telles étaient aussi les dispositions du duc de Wellington, mais l'impétuosité du maréchal Blûcher faillit déjouer ces calculs de la prudence. Croyant reconnaître, après la prise d'Aubervilliers, que les fortifications élevées du côté du nord, sur la rive droite de la Seine, étaient de nature à opposer une résistance prolongée, il résolut de passer sur la rive gauche où.

comme je Tai dit, des retranchements à peine ébauchés laissaient Paris sans autre protection que le courage de ses défenseurs. Cette tentative était hardie : la ligne qu'allaient suivre les Prussiens décrivait une courbe de plus de dix lieues, coupée par un fleuve à travers un terrain accidenté couvert de bois et rempli de passages difficiles; il y avait de là témérité à s'y engager en présence d'une armée qui, occupant une position centrale, pouvait à chaque instant, en traversant la ville du nord au midi, se porter avec des forces supérieures Contre l'agresseur ainsi aventuré et le surprendre au milieu de sa marche. Blû^ cher ne s'arrêta pas à celte considération. Laissant devant Saint-Denis le corps de Bulow pour masquer son mouvement, il se dirigea avec ses trois autres corps sur Argen^ teuil où il arriva dans la matinée du 30 juin. Déjà, comme nous l'avons vu, un de ses détachements avait surpris le pont du Pecq, auprès de Saitit-Germain. Tandis que les corps de Pirch et de Thielmann passaient la Seine sur ce pont, celui de Ziethen la passait à Maisons. Le <*' juillet, de très-bonne heure, toute l*armée était au delà du fleuve, et bientôt deux régiments de cavalerie prenaient possession de Versailles, évacué par sa très-faible vgarnison.

La nouvelle de là marche des Prussiens, promptement répandue dans l'armée française, y avait jeté une vive agitation. Chacun se disait qu'il était facile de faifé chèrement payer à Blûcher son imprudence, qu'il suffisait pour cela de traverser Paris, de déboucher avec toutes les forces

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disponibles par les ponts de.Neuilly et de Saint-Gloîid en face des colonnes prussiennes et de les accabler par la sopé^ riorité du nombre. Pendant cette expédition, quelques milliers de soldats, appuyés par les fédérc'^s et par la garde nationale, auraient suffi pour occuper les fortifications du pord qui n*étaient pas immédiatement menacées. Le maréchal Davoust n'aurait pu, sans perdre tout crédit auprès de ses compagnons d'armes, négliget* entièrement l'occasion qui s'offrait. Il importait d'ailleurs, môme dans l'intérêt de la pacification, de réprimer l'audace de Blûcher. Dans'la soirée du 30 juin, une partie de l'armée passa sur la rive gauche, et le général Kxcelmans, qui occupait avec ses dragons Montrouge et Gentilly, reçut l'ordre de commencer l'attaque avec promesse d'être énergiquement soutenu.

Apprenant l'occupation de Versailles, il forma le projet d'enlever les deux régiments qui y avaient pénétré. Il se dirigea sur cette ville par Vélizy. A la hauteur du bois de Verrières, il rencontra la brigade ennemie qui se portait en avant pour éclairer les environs de Paris. Sans lui donner le temps de se reconnaître, il se précipila sur elle et la rejeta dans Versailles où les Français entrèrent péleméle avec les Prussiens. Ceux-ci , toujours poursuivis, continuèrent leur fuite précipitée vers SaintrGermain où se trouvait le gros de leur armée, mais, à Roquencourt, ils se heurtèrent contre un autre corps français qu*Excelmans y avait envoyé pour leur couper la retraite ; la plupart furent tués ou pris. Ëxcelmans, poussant son avantage,

arriva à neuf heures du soir à Marly, non loin de Saint- Germain. Il s'attendait à y rencontrer des renforts considérables qu*on lui avait annoncés et qui eussent permis de donner suite à son succès^, mais, n*y trouvant que le corps prussien de Thieimann, il dut s*estimer heureux de pouvoir se retirer sans dommage. Le lendemain, Blûcher reprit possession de Versailles, furieux de l'échec qu'il venait d'éprouver et éclatant contre la population et les autorités de cette ville, bien innocentes de cet accident, en menaces qui, heureusement, n'aboutirent qu'à des contributions assez lourdes et au désarmement de la garde nationale.

Voici ce qui avait fait avorter l'attaque si brillamment commencée par Excelmans. La position de Fouché devenait de plus en plus embarrassante. Les soupçons dont il était l'objet de la part des patriotes apdents prenaient à chaque instant plus de consistance et on ne lui en épargnait pas la manifestation. Pour mettre sa responsabilité à couvert, le jour même où se passaient les événements que je viens de raconter, le 1 *" juillet, il réunit aux Tuileries, en grand conseil de gouvernement, avec ses quatre collègues, les bureaux des deux Chambres, les maréchaux Soult, Masséna, Lefèvre,et les généraux Gazan, Évain et Mouton- Duvernet, pour délibérer sur la question de la défense de Paris. Le maréchal Davoust y fut aussi appelé. Ce dernier, étant arrivé avant l'ouverture de la séance, parla à Fouché des ordres qu'il venait de donner pour attaquer l'armée prussienne. Fouché se récria contre l'impru-

dence d'un mouvement qui contrariait l'effet des mesures par lesquelles on pouvait espérer de sauver la patrie sans effusion de sang, et malgré les représentations du maréchal qui lui faisait remarquer que la cavalerie d'Excelmans devait déjà se trouver engagée, il l'obligea à rappeler les troupes qui étaient parties de Sèvres pour le soutenir.

Le conseil entra ensuite en séance. Pendant la nuit et dans la matinée, Carnot et le général Grenier avaient, à la demande de Fouché, visité les fortifications. Sur son invitation, Carnot fit connaître au conseil le résultat de cet examen. Il exposa que les ouvrages de la rive droite mettaient, de ce côté, Paris à Tabri de toute insulte, mais que, sur la rive gauche, on était complètement à découvert, que les Prussiens avaient porté sur ce poipt la plus grande partie de leurs forces et paraissaient vouloir y diriger une attaque , qu'on pourrait aisément la repousser, mais que rien ne les empêcherait de la renouveler après avoir été rejoints par les Anglais ou, s'ils le jugeaient préférable, de se retrancher sur les hauteurs de Sèvres, de Meudon et de Saint-Cloud, en attendant les autres armées alliées dont les masses énormes compléteraient l'investissement de la ville et contraindraient bientôt, par la seule famine, les assiégés à se rendre à discrétion. 11 était difficile de contester la vérité de ces considérations ; chacun se taisait. Fouché exprima l'opinion qu'il serait imprudent d'attendre que les ennemis fussent en état de dicter la loi et qu'il fallait profiter du moment où une partie d'entre eux

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était encore éloignée pour obtenir des conditions acceptables. Quelqu'un ayant demandé si Ton n*avait pas ouv^t des négociations et ce qu'étaient devenus les plénipotentiaires accrédités auprès des monarques alliés, comme aussi las commissaires envoyés aux généraux pour traiter d'un armistice, il répondit qu'on n'avait pas encore de nouvelles des plénipotentiaires et que, quant à l'armistice, il était peu probable qu'on parvint à s'entendre, le duo de Wellington ayant déclaré que les souverains TQulaient le rétablissement de Louis XVIII. Dupont de l'Eure, Tbibaudeau, le maréchal Lefèvre s'écrièrent que dès lors il était inutile de traiter, qu'on ne devait penser qu*à combattre , mais Foucbé représenta qu'une résistance prolongée aurait pour unique conséquence de rendre plus graves, plus irrémédiable la défaite du parti national, qu'elle autoriserait les Bourbons à se montrer implacables, que leur restauration, quoi qu'on pût faire, était inévitable, l'Europe entière s'accordant h l'exiger, qu'il faudrait donc les subir, que d'ailleurs, en traitant avec Wellington et Blucber, on ne s'engagerait pas avec Louis XVIII, et qu'on obligerait ce prince à conserver les deux Chambres et à laisser à la tète de l'armée les généraux par qui elle était en ce moment commandée. Foucbé ajouta qu'à sa connaissance telles étaient les intentions du Roi; il promit de tout mener à bien si on le laissait faire. Ces assurances produisirent un effet décisif sur la plupart des assistants. Quelques-uns, cependant, résistaient encore, mais un des membres ayant fait la remarque qu'il

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était inutile de continuer ce débat puisqu'on avait simplement à examiner si Pari$ pouvait être défendu, Fouché, s*adressant au maréchal Masséna, le pria de donner sur ce point son avis. Masséna déclara que pour rien au monde il ne se chargerait de 'cette défense. Le maréchal Soult, interpellé ensuite, répéta ce qu*il avait dit la veille au Luicembourg, n-admettant pas même que, depuis l'occupation d'Aubervilliers, les fortifications de la rive droite fussent en sûreté. Le maréchal Lefèvre, brave soldat, mais dont Tautorité n'égalait pas celle de ses deux collègues, combattit cette dernière opinion et demanda combien de temps il faudrait pour élever sur la rive gauche des retranchements sudisants. On ne lui répondit pas. La majorité inclinait évidemment vers la soumission , mais sur Tobservation que le parti à prendre dépendaihde la solution qui serait donnée à des questions purement militaires dont il convenait de laisser le jugement à un conseil exclusivement composé de généraux, rassemblée saisit avec empressement le prétexte qui lui était offert de dégager sa responsabilité : elle invita le gouvernement à convoquer un conseil de guerre pour lui soumettre ces questions.

La commission executive chargea, le jour même, le ministre de la guerre de réunir en conseil ]es officiers généraux commandant les corps d'armée quHl croirait propres à éclairer la délibération, et aussi les commandants en chef de Vartillerie et du génie, les maréchaux présents à Paris et le général Gazan» et de leur po^r les

WÊ X»rOimS BS la KESTAUftATIOlI.

SEL gwtitMBs snwBfites : <^mI eâ fétil des reCrandie- «C et tear namet sur tes écoL mes? L^armée AéfcDâie iDites tes wfipnthes de Puis, mtaie MET te rive giDcte? Pieanit^eDe reocfoir te oombit sur ins tespMH^t Ea ots deivv«s, teféaéni eodi^ pourmt-jl noMffir asseï de treifies poor s^c^poser à Feihtiée de vive lorae? Enste-t-il des noutioiis soflkantes pMrplosîens ooHtefe! Eaia, iieal-Mi rèpondie do sort de te aptA et pov oiihif de lea^î

Le eumsàl de gwne s'asseoihte à dix bernes da soir an 4iBai1îer sMnl de te Tilktte. n éiait frèsH^^ Le

MMéchal ItevoQsl fil, duis ses MéHKiiies encore inédits, qae te dffibéntkMi M cataM, gimveel roote mûquemeiit SOT tes qnestioBs oûKliinK. Cae mobe TersioQ en parie diffêtemmeoL Suivant celle rersion, te manMial Soolt prit te premier te parote. Il posa en principe qne te question militaire éuit dominée par tes qoestîons politiques et qa*on devait se décider surtout par des motife d^inléfét public, en raison des droonstanoes générales, n fit remarquer qu*ai supposant même que Paris pût tmir pendant on mois, Farrivée des Autridiiais éi des Russes contraindrait infailiiblemait ^isuite ses défenseurs à subir la loi du plus fort et qu'alors on n'aurait plus à espérer des Bourbons les garanties qui, en ce momrat, pouvaient encore ^re obtenues par une soumission Tolontaire; il en tira la conclusion qu'on devait, sans plus de retard, se rallier au Roi. Les maréchaux Davoust el Grouchy, d'autres maréchaux et commandants de corps d'armée, Vandamme lui-

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même, opinèrent dans le même sens. Un petit nombre» appartenant pour la plupart aux rangs secondaires, repoussèr^t ces conseils de prudence en représentant qu*il ne s'agissait pas de Louis XVIU, mais des Anglais et des Prussiens; qu'une fois Paris livré entre leurs mains, rien ne garantissait de la part du Roi les concessions dont on parlait tant, que s*il était présent, s*il proclamait ses intentions, si elles paraissaient donner de yâritables gages, on pourrait lui ouvrir les portes, mais qu*il n*était pas raisonnable de se soumettre en aveugles et sans conditions. € D'ailleurs , disaient encore les opposants , les » souverains tiendront-ils leurs promesses? N*ont-ils pas » promis aussi de laisser à la France la liberté de choisir » son gouvernement et n'exigent-ils pas maintenant le ré- » tablissement des Bourbons? 11 reste encore d'immenses » ressources; on peut résister longtemps dans Paris, appé- » 1er la France aux armes, organiser la levée en masse » des patriotes... Les alliés, nous voyant aussi déterminés, » aimeront mieux respecter notre indépendance que de » s'exposer aux chances d'une guerre nationale pour des » intérêts qui leur sont étrangers. » A ces élans d'un patriotisme plus généreux qu'éclairé, on répondait que la levée en masse était impossible, que les populations épuisées n'aspiraient plus qu'au repos, que les fusils même manqueraient, que les ennemis avaient sous les armes un million de soldats, que la France serait dévastée, démembrée. Soult et Davoust firent l'éloge du Roi qui, dit ce de^ nier, saurait réparer ses fautes et oublier ses injures. Ces

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