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%'M i«nKinml ^ks^JtSjent } celle dJi^ioioe Me panât fRi à fTf^A 4àat on temps q-je ie tcoi c6lés il lai ert ^oané te a« H c;)[fAUe« de fomrDter le» jalioaiio q«*a exdtéo le passée do roî d Écofse par la France, dapel je nfara» lo josfH^ teiU: lieore coniBieot ^uitr^ le lOTant lorfimë par toates les lettres de fUndtt et de France, sans qœ nranmoiBs il m'en fût rien mandé. Lt» paroles qoe je dws porter efluqwrt ans doote rinipressH>n qoe le Parlement poorraît en aToir amçnej et je ne §ênni§ porter one noorelle pins agréable qoe d'assurer qo^îl ne se prendra en France ancon engagement contre ses intérêts, qoelqtie errance dont se flattent les rojalisles et autres ennemis do régime* Il n'est rien Teno de nooreaa à nu connaissance touchant les affaires du Nord^ dont je fais état de parler aux ministres dici, et de leur reprocher la grande ré»ene avec laquelle ils ont agi ces derniers temps^ dans la croyance que Sa Majesté n'avait pas pressé raccommodement des rois de Suède et de Danemark avec toute la chaleur qui pouvait être attendue. Votre Éminence sera informée, par le duplicata de ma lettre à M. de Brienne, des délibérations du Parlement et de l'armée de ces derniers jours ^ il s'en peut reconnaître que ces deux corps sont divisés en deux factions, Tune des vrais républicains réputés presbytériens, Tautre des anabaptistes et millénaires ou saints, que la première prévaut dans le Parlement, et que l'autre n'y est pas si puissante, mais qu'elle a de son côté la plus grande partie des officiers de Tarmée, ce qui fait juger que.
soit par purgatioa ou dissolution du Parlemeiity elle prendra toute Tautorité, et que dans peu de jours l'on Terra encore quelque nouveau établissement. Le Conseil de guene est présentement assemblé pour l'ésoudie la déclaration que ses députés ont dressée ; quoiqu'elle parle de soumission » la substance n'a rien qui en approche, et il passe pour constant que les officiers ne yeulent plus dépendre du Parlement, mais d'un Conseil de guerre; c'était le sujet de leur querelle avec le dernier Protecteur et la cause de sa ruine ; l'on ne doute pas '^ue les troupes d'Ecosse et d'Irlande n'entrent dans le sentiment de celles d'Angleterre, et le général Monk a déféré à l'instance que le lieutenant-général Fleetwood a faite de continuer dans le service. La plupart des ofiiciers de la garnison de Dunkerque ont été changés, comme aussi ceox des trois régiments qui étaient dans le service de France, pour ne s'être pas trouvés de si bonnes mœurs qu^ij leur convient d'être. Le commandant nommé pour Dunkerque n'est point encore parti, et il semble que Ton attend ici M. Lockhart. J'apprends que les marchands font grande plainte de ce qu'à Rouen il ne leur a pas été permis de charger devant que les vaisseaui fi-ançais eussent pris fret, ce qui ne s'était point encore observé en France ; ils doivent [présenter requête au Parlement pour faire poui*suivre la révocation de ces ordres que l'on croit contre la volonté de Sa Majesté.
Je prendrai. Monseigneur, la liberté de témorgner à Votre Ëminence que, comme la réconciliation des couronnes de France et d'Espagne lui produit toute la gloire qui se peut retirer des négociations, et les vœux de tous les Français, je ressens toute la joie que doivent particulièrement avoir ceux qu'elle honore de sa bienveillance, et qui professent comme je fais, d'être avec passion, etc.
2» if. de Bordeaux au comte de Brienne.
» Londre», tS octobre 1659.
Monsieur, r^ lettre qu'il vous a plu de m'écrire le 4 du courant me
4m tyOCUMESn
mdploi eo étal d'tpr aoprèf du réginief Angirtirre ^ne je M r*vaif été eef dernien joon^ puisque me fûsmt savoir le f'indement de lei jalousies et k» infentioiis de Sa Majesté à regard des guerres du Nord, je puis mainlenant parier de l^un et de Tantre, ce que j'entais crainte d*ètre trouvé mal averti ou de perdre créance en désavouant des Êûts notoirenient véritalilesy tel qu'est le passage du roi d'Angleterre par noueni oii même il a été ré^lé chez le nommé Scott, marcliand écossais, et son embarquement â Saint-Malo qui se publiait ici, auquel néanmoins je ne voulais pas ajouter foi devant que l'avis m'en eût été confirmé; il ne servirait aujourd'hui de rien d'en disconvenir, et aussi prétends^je seulement de persuader les ministres du Conseil, dans la conférence que je leur ai demandée, que Sa Majesté n'a pu prévenir leur surprise et qu'elle n'en doit pas être moins éloi^ gnéti do prendre des engagements contre les intérêts du régime, quelques ombrages que ses ennemis lui endonnent: s'il m'ar* rive do les dissiper, je pourrai découvrir quelles sont les prdsenles dispositions envers le roi de Suède, et sans déclarer celles do Sa Majesté, je ne laisserai pas de faire entendre qu'il n'ost pas de l'intérêt de l'Angleterre de suivre les mouvements des Provinces-Unies, dont l'ambassadeur m'avait, dans la dernière entrevue, rapporté les demandes de ce prince qui ne témoignaient point que ses pensées soient à la paix. Ce serait en effet se flatter que de croire que l'envie lui en puisse venir si une fois il reconnaît que la France et les princes d'Allemagne veulent s'armer pour lui conserver les domaines qu'il possède dans Tempiie, puisque sans rien hasarder il se maintiendra au moins dans ses conquêtes du Danemark et pourra s'en rendre à la lin seul maître si les habitants de Copeuhagcn se voient hors d*espérance d'être déhvrés de sîi%e. Ainsi ce n'est pas sans raison que les Ëtats généraux asseï ëclaiivs font tant d mstanoe pour arrêter le secours de la France; et bien que le soin qu^ils prennent pour la tion du Danemark semble nous exciter à en user de envers ttotre aliié> il y a néanmoins c^ttediSéraaoe foie Tira
est sur la défensive et Tautre sur roffensive^ que celui-ci peut facilement et avec honneur se tirer de peine en faisant cesser le prétexte qu'a Tempereur d'attaquer la Poméranie, et rompre les liaisons que l'Électeur de Brandebourg et d'autres États prendront sans doute avec la maison d'Autriche pour se garantir d'une puissance qui ne se propose point de bornes, se pouvant avec beaucoup de fondement attendre que le roi de Suède, après la conquête du Danemark, portera ses armes ailleurs et déférera encore bien moins aux conseils pacifiques de ses armes lorsqu'il se verra sans nécessité de leurs secours ; sa conduite passée ni son ambition ne permettent pas d'en faire un jugement plus favorable, et ni les menaces qu'il fait de s'accommoder avec l'empereur, ni la défense de la religion protestante dont il fait ostentation auprès des États de même créance, ne doivent plus aujourd'hui être considérés que comme des artifices pour avancer ses desseins. Mais l'intérêt que la France peut avoir d'établir dans l'Allemagne un prince capable de balancer la puissance de la maison d'Autriche ou d'y entretenir la guerre, doit être jugé un motif plus solide puisqu'il fait préférer l'agrandissement des Suédois à l'amitié de quelques autres États; il est à souhaiter que l'Angleterre entre dans les mêmes sentiments, et je ferai tout devoir pour y porter ses ministres lorsqu'ils me donneront lieu de les entretenir; je n'ai cependant rien à écrire sur ce sujet de plus positif que ce qui aura été recueilli de mes précédentes lettres; elles auront appris que les négociations du général Mon* tague n'ont eu ici aucune suite, que même son retour a été en apparence blâmé et qu'il ne s'en est justifié que par l'approbation qu'y avaient donnée les autres plénipotentiaires, dont l'un voulait bien retenir partie de la flotte, mais pour la joindre à celle de Hollande contre les Suédois } l'avis des autres fut plus modéré. L'on ne parle point de renvoyer aucune escadre dans le Sund ; quand la saison le permettrait, telle délibération se remettrait jusques à l'arrivée desdits plénipotentiaires qui ont liberté de repasser en Angleterre à moins que le roi de Suède changeât d'esprit. Le succès des troupes impé-
riales tant dans la Poméranie que dans la Prusse royale pourrait produire cet effets el le passage du secrétaire Goyet de Hollande en laisse encore quelque espérance ^ néanmoins si M. de Terlon ne fait point perdre celle du secours de la France, il n'est pas à présumer que la paix se rétablisse en ces quartiers du Nord. Ce serait aussi contre toute raison que l'Angleterre s'engagerait aujourd'hui dans une nouvelle guerre par ressentiment; le sieur Vane et sa faction sont trop politiques pour ne pas reconnaître le préjudice qu'ils en recer vraient, et le colonel Sidney^ de soi-même considérable, est assez habile pour ne pas inspirer une vengeance à contretemps. L'on professe de vouloir la paix avec tous les voisins entre autres avec l'Espagne, le commerce d'Angleterre ne s pouvant rétablir tant que la guerre continuera; et il se ser. ^^' reconnu, par la conduite de M. Lockhart, si ce désir génén ^ .
s'accorde aux maximes des principaux du gouvernement qi ^jJ.
pourraient juger nécessaire, pour le maintien de leur autc (fo.of^^' rite, de laisser quelque ennemi du dehors à craindre; bien q\
le présent régime semble être affermi par la déroute des ro} ,^. -^
listes, la constitution est néanmoins telle que la sortie d'i péril est une entrée dans un autre, et qu'après avoir détn ses ennemis il lui faut combattre les divisions domestiqu aussi dangereuses et contre lesquelles les alarmes de guer. étrangère sont plus efficaces que tous les autres moyens q se mettent en usage. Ma lettre de la semaine précédente fait savoir les propositions de partie de l'armée, l'arrêté ( Parlement pour les éluder et la soumission du Conseil guerre qui se devait exprimer par une déclaration formel!, tous ces jours, le comité des officiers députés pour dresser ( acte s'est assemblé sans en convenir ; le plus grand nomb voulait insérer une demande de réparation d'injures cont les membres du Parlement qui, en proposant l'envoi du sie* Lambert dans la Tour de Londres,'ont donné si mauvai interprétation au désir de la brigade du Nord qu'il commandait, comme aussi que désormais la disposition des charges de l'armée sera remise à un comité des principaux officiers.
Ces clauses ont paru trop dures à ceux qui sont vrais rcpublicainSj et le rapport doit être fait aujourd'hui dans le Conseil de guerre général pour y prendre une résolution finale qui pourra bien aller à quelque adoucissement , mais non pas à donner toute satisfaction au Parlement, nonobstant les dili* gences des députés républicains, par Tavis desquels la maison de ville a obtenu liberté de choisir un autre maire. Les mêmes^ pour se fortifier, projettent de remplir les places des députés morts par une nouvelle élection, sans néanmoins rappeler ceux qui ont été chassés ni leur en substituer d'autres, et ont an*êté que le magistrat civil aura pouvoir correctif en matière de religion. Mais Vane et son parti se joignant à l'armée dont la plus grande partie ne veut pas souffrir que le Parlement prenne tant d'autorité, il est à croire que la prudence des autres sera confondue ; l'on parle même de chasser quelquesuns des principaux, et tout le monde est dans l'attente d'un changement ] s'il arrive, Yane et Lambert auront grande part au gouvernement; le premier est retourné de la campagne et continue d'agir. La cour d'Angleterre ne peut que concevoir de grandes espérances de toutes ces partialités, et en effet personne ne juge que la nation puisse être en repos que par son rétablissement, l'ambition des paiticuliers ne permettant pas qu'une véritable république s'y puisse former, et n'étant pas vraisemblable que les chefs de l'armée et ceux qui, sous titre de sainteté, prétendent s'attribuer la puissance, se maintiennent longtemps en intelligence. L'événement de ces désordres se pourra voir sans inquiétude, maintenant que la France et l'Espagne sont en paix. C'est pourquoi les sujets de l'une et de l'autre nation doivent rendre des actions de grâce au ciel et à ceux dont les soins ont contribué à un si grand ouvrage. Il s'est fait depuis peu grand bruit à la Bourse de Londres de ce que la ville de Rouen n'a pas voulu souffrir que les vaisseaux anglais chargeassent devant que les Français eussent pris fret, ce qui ne s'était point encore observé. Les marchands doivent représenter requête au Parlement pour obtenir, par son entremise, la révocation de ces ordres nouveaux
que ron prétend n'être point émanés de Tautorité royale. La ville de Londres prépare un grand festin pour jeudi au Parlement et aux principaux de Tarmée, après qu'ils auront employé la plus grande partie de ce jour dans les temples à rendre grâce de la déroute du sieur Booth, auquel Ton ne dit rien^ non plus qu'aux autres prisonniers; les divisions d'entre l'armée et le Parlement donnent d'autres occupations.
3» Jf • d0 Bardeaux au cardinal Mazarin.
Londrei, 10 octobre 1690.
Monseigneur, J'avais, pour satisfaire au contenu de la lettre que Votre Éminence me fit l'honneur de m'écrire le 23 du passé, demandé au Conseil d'État des commissaires, mais ayant souhaité de recevoir en pleine assemblée ce que j'avais à lui communiquer, je me conformai à son désir, et le 14 de ce mois je lui fis entendre que les ordres de Sa Majesté m'obligeaient d'assurer le Parlement qu'elle conservait en son endroit les mêmes sentiments que j'avais déjà exprimés, et se proposait d'entretenir, avec le gouvernement d'Angleterre, une parfaite correspondance ; que si, pour affermir celle qui avait été établie par les derniers traités, principalement par celui de 1655, il était jugé à propos de les renouveler, le roi donnerait tous les ordres nécessaires pour concerter et convenir avec les ministres de la république des changements convenables à la constitution de son présent régime, et qu'enfin Sa Majesté se porterait avec joie à tout ce qui sera capable d'avancer le bien commun des deux nations et confirmer la réalité de ses bonnes intentions; que ces assurances étant renouvelées dans une conjoncture qui ne permettait pas de douter de leur sincérité, elles devaient trouver une entière créance et faire plus d'impression que des bruits publics, ou les avis de ceux qui tâchaient de fomenter de la jalousie entre nos deux États, et se prévalaient à cet effet de quelque rencontre qui ne devait s'attribuer qu'à la surprise et à la facilité de passage que les ennemis mêmes de Sa Majesté ont trouvée
par la France. Je déclarai ensuite avoir aussi ordre de témoigner au Conseil que le roi voyait avec beaucoup de déplaisir le peu de succès que jusqu'à cette heure avaient eu les soins qui s'étaient pris conjointement pour pacifier les États du Nord^ et les préjudices que la continuation de la guerre en ces quartiers pouvait apporter aux autres princes, principalement à ceux qui sont obligés de garantir 1 exécution du traité de Munster; que, pour prévenir ces inconvénients, Sa Majesté avait encore depuis peu ordonné à son ambassadeur résidant auprès du roi de Suède de faire nouvelle instance pour le porter à raccommodement; mais que quand un conseil si salutaire ne pourrait pas prévaloir, Sa Majesté ne croyait pas qu'il fût de la dignité ni de l'intérêt des amis de ce prince de convertira sa ruine le secours qui l'a garanti de ses ennemis, ni que le Parlement prît des résolutions capables d'aliéner l'amitié d'une nation que l'Angleterre a toujours estimée et dont elle a tant mérité ces derniers temps, quelque aigreur que d'autres États s'efforcent d'exciter, et que si l'exemple de Sa Majesté était de quelque poids, il ne serait point usé d'autres voies, pour avancer cet accommodement, que de celles qui se pratiquent d'ordinaire entre les États alliés dont les raisons et conseils pourraient à la fin prévaloir sur les espérances d'une grande conquête qui semble avoir apporté quelque obstacle à la paix d'entre la Suède et le Danemark. Je touchai après quelques mots des différends qui restent à régler touchant les places de la Nouvelle France, demandant des commissaires pour y mettre fin, et qu'au moins toutes choses fussent rétablies au même état qu'elles étaient lors du traité de 1655, et finis mon audience par la demande de quinze ou vingt français qui se trouvent avec les soldats espagnols pris il y a quelques mois dans leur passage de Saint- Sébastien en Flandre. Le président du Conseil, suivant le style du Parlement, me répondit seulement qu'il ferait rapport à la compagnie de mon discours, et le lendemain le maître des cérémonies me le demanda de sa part par écrit, à quoi je satisfis, sans que j'aie eu depuis de ses nouvelles. Il pour-
raît bien arriver que Ton ne se presserait pas de me donner aucune réponse^ les expressions de la bonne Yolonté du roi pouvant passer pour des ciyilités dont M. Lockhart témoignera la reconnaissance^ et ce que j'ai dit des affaires de Suède n'étant qu'une invitation à prendre des conseils qui peut-être ne s'accordent pas aux inclinations des principaux ministres du gouvernement^ plus portés à complaire aux Provinces-Unies qu'au roi de Suède. J^aurais pu, dans une conférence^ reconnaître leur disposition^ et les presser même d'agir auprès des États généraux pour les retirer de l'engagement où ils entrent^ mais je n'ai pu me défendre de parler en plein Conseil ; et s'il ne me donne lieu^ par l'envoi de quelques-uns de ses ministres^ de traiter plus particulièrement de cette matière^ ce sera un effet de la résolution qui a été prise d'autoriser, par un consentement public^ tout ce que feront lesdits États généraux pour l'avancement de la paix du Danemark. L'un des ministres de Suède m'en fit hier des plaintes et, ne se contentant pas de blâmer l'Angleterrre de ce qu'elle abandonnait son maître dans une guerre si juste^ il étendit ce reproche sur tous ses autres amis, sans exception de la France, et par beaucoup de raisons s'efforça de me prouver que^ quelque garantie qu'ils lui offrent, la paix ne pouvait être sûre ; je crus devoir relever un discours si plein de méconnaissance et conforme aux avis qu'autrefois ce même mim'sti^e' a donnés que Sa Majesté avait traversé l'envoi de la flotte d'Angleterre, et je lui dis qu'il ne pouvait parler de cette sorte à moins d'ignorer les efforts que la France &vait faits tous ces derniers temps en faveur de son maître, s'exposant même, par cette assistance^ à perdre l'affection d'autres États et à leur donner sujet de soupçonner que sous main elle fomentait la guerre du Danemark; que c'était aussi se trop flatter de croire persuader au public que le roi de Suède ne peut s'assurer contre celui de Danemark avec la garantie de la France et de l'Angleterre; qu'il serait sans doute jugé que l'espérance de conquérir tout le Danemark lui ferait plutôt rejeter la paix que la crainte d'un prince si faible ou la
défiance des deux ÉtaU dont le pouvoir aussi bien que la bonne volonté lui étaient assez connus ; qu'au reste, en pre* nant le parti de la guerre^ il s'attirait tant d'ennemis que Sa Majesté ne serait pas capable de l'en garantir et qu'elle aurait peine à faire rentrer l'Angleterre dans les mêmes sen* timents que le gouvernement passé et le présent régime auraient eus tant qu'ils s'étaient persuadés le roi de Suède disposé à s'accommoder. Après avoir donné cette petite mortification audit ministre^ des plus arrogants que la Suède puisse employer, je lui communiquai les dernières instances que j'avais faites au Conseil, et Tassurai que les ordres de Sa Majesté m'obligeaient de continuer les mêmes offices^ sur lesquels néanmoins il ne fallait pas si fort se reposer que de refuser un accommodement honorable; en effet, le Parlement ne pourra que très -difficilement être induit à souffrir que la mer Baltique tombe dans la puissance d'un seul prince^ quelque franchise et prérogative qui puisse être offerte à l'Angleterre^ la foi des traités n'étant pas si solide que quiconque a le pouvoir en main trouvera des prétextes pour y contrevenir ; il peut d'ailleurs souhaiter que la guerre s'allume en Allemagne, et ne se met guère en peine de l'interruption présente du commerce de la mer Baltique, ce qui me fait douter que, quand on renouvellerait avec M. Lockhart les traités d'alliance, et qu'il serait stipulé que ce régime fît tout devoir pour détourner les Hollandais de la défense du roi de Danemark, que l'exécution en fût bien sincère ou avec succès, la ruine de ce prince ne pouvant qu'être suivie de celle de leur commerce dans le Nord ; ainsi je ne vois point d'apparence à aucun traité tant que le roi de Suède prétendra conserver les îles du Danemark, quelque offre que fasse son secrétaire à La Haye, ni qu'il puisse venir à bout de ses desseins et conserver désormais ses conquêtes. Les bruits publics veulent toujours que la France doive entreprendre la défense et le rétablissement du roi d'Angleterre; mais les ministres du gouvernement sont maintenant assez informés des résolutions prises sur la frontière pour ne pas concevoir des
ombrages; ils parlent de la paix avec l'Espagne assez indifféremment; et même font maintenant espérer à l'ambassadeur de Portugal une réponse sur ses propositions, semblable à celle que la cour avait faite à la France pour une ligue étroite; si néanmoins l'inclination générale du peuple et des vrais républicains du Parlement avait lieu^ tous ces avantages ni la conservation de Dunkerque et de la Jamaïque n'ari-êteraientpas l'accommodement avec l'Espagne; non que ses forces soient estimées capables de remettre le roi d'Angleterre sur le trône, mais afin de faire revivre le commerce fort ruiné depuis la guerre } les chefs du parti le plus autorisé doivent avoir des maximes qui ne s'accordent pas à ce désir, et pourront bien se prévaloir de la froideur qu'affectera le Conseil d'Espagne pour continuer la guerre et par elle tenir les esprits du dedans en jalousie; il ne se peut néanmoins parler positivement de l'avenir tant que le gouvernement sera incertain. Ma dernière lettre représentait les officiers assemblés pour résoudre une déclaration de quelque conséquence à son affermissement; l'aigreur qui s'excita entre eux les empêcha de rien déterminer ce même jour; mais le lendemain ils arrêtèrent un acte dont le commencement justifie la brigade que commandait le sieur Lambert qui professe une constante volonté de maintenir le gouvernement républicain) traite de calomnie la pensée que quelques-uns ont eue que l'armée projetait d'élever à l'autorité une personne singulière^ et demande qu'à l'avenir punition soit faite de ceux qui voudraient semer de la division entre ces deux corps dont l'union est si nécessaire pour maintenir la tranquillité publique. Ce préambule, en termes assez fiers, est suivi de quelques propositions dont la première regarde la réconciliation de cette même brigade avec le Parlement, et demande le paiement des arrérages dus à l'armée, et qu'il soit pourvu aux soldats estropiés et aux veuves de ceux qui sont morts dans le service; que, pour entretenir une bonne discipline militaire, il ne se chasse ni soldat ni ofGcier que par un Conseil de guerre; qu'aucun aussi ne soit établi en charge que sur la
présentation d'an comité desdits officiers'; que le Parlement prévienne^ pour éviter la confusion qui pourrait arriver si Tarmée manquait de chef, considérant que la commission du sieur Fleetwood est près d'expirer^ et que ceux qui ont depuis peu exposé avec tant de succès leur vie pour le salut de la république soient récompensés. Cette requête fut présentée et lue au Parlement le i5 par le colonel Desborough accompagné d'autres officiers ; ils furent sur Thiure, suivant rusage, remerciés des expressions si affectueuses de cet acte. L'Ora* teur leur dit aussi que déjà il avait été pourvu à une partie de leur demande^ savoir le paiement des arrérages^ et à la subsistance tant des estropiés que des veuves^ et que les autres points seraient pris en considération au plus tôt. Ce devait être avant-hier, mais le débat se remit à aujourd'hui^ et il a été ce matin arrêté de ne point examiner le préambule^ mais de venir aux articles. Cependant les républicains ne sont pas demeurés oisifs ; ils ont tâché tous ces jours d'attirer à leur parti des officiers pour leur faire signer une déclaration contraire à celle du Conseil de guerre composé de deux cent trente^ tant grands que petits officiers^ et quelques-uns^ entre autres les colonels nouvellement rétablis, se sont trouvés assez disposés à désavouer la généralité ; ils se font même forts de l'armée d'Ecosse, sur ce que depuis deux jours le général Monk a écrit au Parlement qu'il avait empêché que la requête de la brigade du Nord ne fût souscrite par les troupes qui sont sous son commandement; et Ton veut que les deux partis aient dépêché en Ecosse pour ménager ce chef et faire approuver ou désavouer aux officiers les dernières propositions. Suivant les réponses qui arriveront, le Parlement sera plus ferme ou plus accommodant, et cependant les délibérations tireront en longueur ; c'est la seule affaire qui soit aujourd'hui sur le tapis 5 elle paraît de telle importance que du succès dépend la ruine de l'une des deux factions et la forme du régime. Le Parlement n'a passé tous ces jours aucun acte considérable et n'a pu même terminer la question qui regarde le remplacement des places vacantes par la mort
49i DOCUMENTS W
des députés, le parti de Tannée traversant cette recrue qui serait sans doute composée de presbytériens ; toutes ces partialités n'empêchèrent pas que le 7 de ce mois le Parlement et l'armée ne se trouvassent au festin de la maison de ville à l'issue de quelques prêches que lesTrembleurs eurent l'impudence d'interrompre, nonobstant le respect dû à trois corps si considérables ; le maire de Londres fut obligé de les faire chasser, et le Parlei^ent projette un acte pour réprimer à l'avenir semblables entreprises
LY M. de Bordeaux au cardinal Mazarin.
Londres, 4 Mptembre 1659.
(Voir le no LIV.)
(Ce numéro comprend huit lettres du cardinal Mazarin, adressées, du 46 septembre au 43 novembre 4658, sept à M. de Bordeaux et une à Richard Cromwell devenu Protecteur. Je n*ai pas eu les copies de ces lettres à temps pour les intercaler, à leurs dates, dans la correspondance de M. de Bordeaux avec le cardinal; mais je ne le regrette pas ; présentées à part et ensemble, elles mettent la politique et la façon de traiter de Mazarin dans un jour encore plus clair et plus frappant.)
i» Le cardinal Mazarin à M* de Bordeaux.
De Fontainebleau, le i6 septembre 1658.
Je vous remercie du soin que vous avez pris de me donner part en diligence de l'avis que vous avez reçu de l'extrémité de la maladie de M. lu Protecteur; j'en ai toute la douleur
el toute l'inquiétude imaginable ^ quoique je veuille encore espérer qu'il en sortira heureusement ; néanmoins, en cas qu'il plût à sa divine Majesté d*en disposer autrement y je TOUS prie d'assurer M. le milord Faulconbrige et toute sa famille qu'ils peuvent faire un fondement très-assuré sur la protection du roi pour leurs intérêts, et qu'en mon particulier je leur rendrai tous les services qu'ils pourront recevoir de moi. Enfin , vous ne sauriez leur faire des offres qui aient trop d'étendue de la part de Sa Majesté et de la mienne, e( que les effets ne leur confirment dans la suite en toutes occasions. Surtout il ne faudra pas qu'ils négligent ce qui est nécessaire pour la sûreté de Dunkerque. J'attends de vos nouvelles avec une extrême impatience^ et je demeure, etc.