ENTRE L'ARMÉE ET LE PROTECTEUR
« pectifs ; je croyais (jue des lioinines que mon [Kîre avait « tirés du néant ne l'oublieraient pas si vite, et ne tract vailleraient pas à ruiner sa famille avant qu'il fût lui- « même dans son toml>eau. Mais i)our(pioi dis-je que a j'espérais cela? Ne sais-je pas que raml)ition et la soif « du pouvoir ne s'arrêtent devant rien? Au point où en « sont les choses, le flot, j'en ai peur, est trop fort pour « que vous puissiez jeter quelque part une ancre; il faut « se contenter d'aller à la dérive et d'attendre le re-
c( flux Je pense quelquefois à un Parlement; mais
« je doute que les hommes sages veuillent s'cmharquer (( dans de tels hasards au milieu d'un éUit de choses si « trouble; et le voulussent-ils, jwiu'rait-on empêcher « l'armée de violenter les élections? ^ »
Henri Cromwell n'était pas le seul ni le premier (jui pensât à un Parlement ; c'était,* de l'aveu de tous. Tunique moyen de se i)rocurer, i>our le gouvernement et pour l'armée, l'argent dont on ne iK)Uvait se passer; car l'idée des taxes révolutionnaires et du régime d(>s majors généraux ne venait plus à l'esprit de personne; avec son génie, Cromwell avait aussi emporté au tombeau la tyrannie. Mais un Parlement semblait un remède plus périlleux que le mal n'était encore pressant; Richard, en arrivant au pouvoir, avait trouvé sans doute (jnelques ressources, car il augmenta momentanément la solde de ces troupes à qui on ne payait pas leurs arrérages; le bruit courait même que CromweU avait laissé à sa famille de grandes richesses; bruit bientôt démenti pai* les eni-
» Thurloe, StaU-Papen, t. VII. p. 453, 454.