‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 14 sur 109 · LIVRE I.— RELATIONS EXTÉRIEURES · texte numérisé non relu

LIVRE I.— RELATIONS EXTÉRIEURES

a s'en prévaloir^ il faut user de gratifications^ les Anglais a n'étant pas aisés à engager par de ^mples promesses, « et ledit sieur étant.d'hmneur à profiter de la conjonca ture, de crainte que le temps ne change. Si Votre Émi- « nence juge à propos de l'attacher dans le service du « roi et d'en faire la dépense, je pourrai faire une propo- « sition plus précise, et apparemment elle ne sera pas (( rejetée, ni l'argent mal employé. » Quatre semaines plus tard, Bordeaux reprenait : « J'ai fait pressentir ledit « mylord Faulconbridge sur le présent que Votre Émi~ <( nence a pensé de lui faire; il le recevra et s'engagera « à servir. Quelques pierreries pour sa femme seraient « plus propres que de l'argent. 11 s'était attendu à deux « barbes, la mortalité s'étant mise dans les écuries de a M. le Protecteur; ce présent serait bien venu. » Et enfin, quatre jours après : « Je ferai espérer à mylord a Faulconbridge la gratification que Votre Éminence c( juge à propos de faire à sa femme; à moins que M. le c( Protecteur ne succombe, ce sera une dépense fort c( bien employée ; je croirais que le présent ne doit pas « être au-dessous de mille pistoles. » Ainsi, trois mois après la mort de Cromwell, pendant que son fils, héritier apparent de son pouvoir, demandait sans succès à Mazarin un secours qui l'aidât à se maintenir, son gendre et sa fille recevaient les présents secrets du cardinal en promettant de le bien servir. La décadence va vite quand la grandeur chancelante n'est pas soutenue par la vertu '.

^ Bordeaux àMazarin, 15 et 29 septembre, 8, 10, 24 et 31 octobre 1658 {Pocuments historiques y no IV).

DE l.'ANfiLfTKHUE. Î3

Alix t'tnliarras intinipiirs ilr Eticlian) «ne jirft've complication extérieure vint s'ajouter. 1^ roi de Suèilo, Cliarles-Gustitve X, était en guerre, d'une part avec le roi de Pologne, Jean-Cnsiniir V, soutenu par l'empercur Léopold I" et par plusieurs princes allemands, de l'autre avec, le roi de Danemark, Frédéric III, soutenu par les HoUnndaia. Ce n'était point là une simple guerre locale dans le nord-est de l'Europe; la Suède rè\;ut encore la préimndérance protestante que Cuslave- Adolplie lui avait, un moment, c»nipnse en Allemagne avec timt d'éclat, et la maison d'Autriche n'avait pas encore renoncé à la domination catholique qu'avait exercée en f-urope Charles-Quint. Les croyances religieuses, quoique pacifiées, et les ambitions de suprématie continentale, quoique déjouée» par le traité de Wc£t)ihalîe, influaient encon^ puissamment sur les pLins et la conduite des souteraiiis. Ut-s questions nouvelles, il est \Ta\, s'élevaient et amenaient des comhinaisons différentes; tranquilles sur leur indé|>endance et sur leur foi, les Étais protestants se divisaient; les Hollandais et l'électeur de Ri'andelwurg s'unissaient à la maison d'Autriche contrt^ le roi de Sui'de; la domination sur les passages du Sund et dans la mer Baltiipie, disputée entre la Suède et le Danemark, était aussi, pour l'Angletcrri; et l:i Hollande, nu sujet de vive préficcupation et d'in-ilciilc ri\alité: mais à travers ces complications inattendties et cliangcantes, les grands intérêts qui, depuis la dernière moitié du XVI' siècle, avatenl divisé l'Europe prévalaient encore dans les grands

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