LIVRE I.— DISSENSIONS DANS
siibUité du gouvernement : « C'est maintenant dans le « Conseil que toutes les résolutions se prennent, » écrivait Bordeaux à Mazarin^ et quelques jours plus tard* : « Je ne saurais concevoir comment il est attendu que « j'aie des nouvelles certaines des délibérations d'ici, « sans que le roi fasse fonds pour quelques pensionnai- (c res; lorsque le défunt Protecteur vivait, comme il (( agissait de son chef, cette dépense a été épargnée avec « moins d'inconvénients; maintenant que l'autorité est « partagée et que le Conseil y a grande part, il est néces- « saire d'en user îiutrement, pour peu que cet État soit « considéré. » Soit que les pratiques que Bordeaux indiquait à Mazarin eussent réussi dans le Conseil, soit par le seul effet de ses dissensions intérieures et de son active participation au pouvoir, ce corps, composé des vétérans de la révolution, fut bientôt aussi attaqué que le Protecteur lui-même. On y comptait des Cromwelliens, quelques républicains que Cromwell avait tenus là assoupis, et les principaux des chefs mécontents de l'armée. Richard, à qui cette réunion ne pouvait inspirer confiance, traitait de ses affaires et prenait ses résolutions dans un petit comité intime, faisant effort ensuite pour que le Conseil adoptât ce qui avait été ainsi décidé. Thurloe, Saint-John, lord BroghiU, William Pierrepoint et lord Faulconbridge étaient les meneurs de cette cabale de palais, comme on disait, qui ne tarda pas à être, dans
1 Le 11 novembre 1658 {Documents historiques, n" VI). * Le 2 décembre 1658 {Documents historiques, n» VII).
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le Conseil même, l'ohiet de \\\es attaques. Tliurlop et lord Ffiiilconbridge surtout, <)iii passciient pour les |ilus actifs et les plus influents, détinrent le point di; mire de toutes les colères. I^ linnt courut (|ue le Protecteur voulait faire entrer lord F aidcon bridge et lord Bro^hill dans le Conseil dont ils n'étaient iwa HH^mliri'S ; DcsIh)rou^di y dénonça violemment lo premier, l'accusant d'avoir formé le dessein de l'enlever, hd et Flectwood, |X)tir les emprisonner au château de Windsor, et déi'Lirant que, si lord Faulconbridite entrait au Conseil, il n'y remettrait jamais les pieds. Tlmrloe, de son ciMé, peu accoutumé à être ainsi délesté et iioursuivi [tour son propre compte, prit l'alarme et témoigna le désir de se retirer des affaires : « Vons avez été informé, » écrivaitil a Henri Cromwell', «des agitations qui ont eu lieu
u (Lins quelques portions de l'iu-mée; le feu a de
« nouveau éclaté, et naguère, dans une réunion des « principaux officiers et de i)uelque8 membres du Con- H sed, da été dit que Son Altesse se laissait coiidture)iar « les avis de M. le contrôleur et les miens, et qu'elle ne tt voulait rien faire sans nous. Instniit de ce propos, et « voyant qu'on réivmd dans l'armée que je suis un très- (I mauvais conseiller, j'ai demandé à Son Altesse la u permission de me retirer, dans l'espoir que ce serait a un moyen de pacifier les choses; et vraiment, Mylord, « diuis le poste que j'occupiî, et engagé comme je l'ai a été, du vivant de votj'c pèi'e, dansiDules sortes d'affaia res, je ne vois pas comment je pourrais encore être
» I,e 2 novembre 1658. -