‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 17 sur 109 · LIVRE I.— EMBARRAS FINANCIERS · texte numérisé non relu

LIVRE I.— EMBARRAS FINANCIERS

« utile^ soit à Dicu^ soit à la nation. » Thurloe ne se retira point; mais ces méfiances réciproques, ces jalousies ardentes, ces scènes de violence faisaient perdre au Conseil toute autorité, et portaient la désorganisation au cœur même du gouvernement : « Aussi il se remarque, » écrivait Bordeaux à Mazarin*, « que quelques-uns des « ministres du Conseil, qui étaient fort zélés pour Tinté- « rêt du Protecteur, s'en détachent, craignant de suc- « comber avec lui*. »

Un pouvoir à ce point troublé et cbancelant cherche partout un appui, quelque péril qu'il y doive rencontrer. Les besoins d'argent devenaient chaque jour plus pressants. Une sédition éclata dans la garnison de Dunkerque, qui n'était pas payée ; Lockhart réussit à la réprimer : a Mais, Mylord, » écrivait-il à Thurloe* , « si je ne reçois « d'Angleterre une forte somme, je serai hors d'état Ae

a maintenir ici les affaires J'ai dans cette place, outre

« la garnison, cinq cents blessés et malades des troupes «qui sont en campagne avec M. de Turenne; ils n'ont c< absolument rien pour subsister, sinon ce que je leur c< fournis aux dépens de la garnison. J'ai déjà importuné c( plusieurs fois Votre Seigneurie pour qu'elle me fît « envoyer des lits et des capotes; je la supplié de s'eij « octuper lé plus tôt possible; lé temps devient tfès- « froid ; les pauvres soldats qiiî sont à Mardyke et « aii fort Olivier ii'ôiit rien poiir se couvi*ir, ni pour se

* Le lÔ îibvémbfe 1658 {Dàcumeriti hUtôHqueSf n« VIIÎ). ' Clarendon, State-Papers^ t. III, p. 431. s Le 8 novembre 1658.

H couclio

Df l'HOTECTEUR.

peine quelques (ilanclies. J'es|H.Te

que

u Votre Seigneurie voudra bien croire et assurer ikm a Altesse que, si j'avais au monde un moyen d'j iwiirvoii-, « je ne viendrais pas, dans un moment si ino[iportui), o quand Son Altesse est déjà en proie à t<int d'embarnis, « rim|K>rtuner de la sorte, d Les difficultés de famille se joignaient aux embarras d'ar^çent : Henri Cromnell, très-inquiet des informations qui lui arrivaient à Dublin, ' insistait fortement iwur venir à Londres, plus iH-éoecuiié de sa propre anxiété que des méfiances et des complications que son arrivée y devait susciter. Thurloc et lord Fauleonbridge lui-même s'effori'iiient, hien qu'un peu timidement, Af, le détourner de ce dessein : « Je suis H sûr, 11 lui écrivait Ttmrloe', « que votre pi-ésenceà H la tète d'une Imnnc armée en Irlande a Iteaucoujt H contribué à notre salut ici, et rend bien plus difficile

o l'exécution des mauvais desseins Du reste, c'est à

« vous-même à décider Comment tout ceci finira,

a je n'en sais rien. Les obsèques de feu Son Altesse aunmt « lieu dans huit jours. Uu^d nous aumns traversé ce « jour-là, nous commencerons à nous occujter des afi'ai- « res, si les troubles ne commencent pas aujuravant. n Alors reviendra la question de la convocation d'un u Parlement'. »

Thurloc avait raison de regarder les oltsèques île Cromwell comme un jour d'épreuve; les factions excellent à expicrfler les pompes populaires, et peu leur imi>orte

1 Le IQ novembre 16M.

» Thurloe, Sfoie-PapïT»; t. VII, p. 468, 510.

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