LIVRE I.— RICHARD SE DECIDE
qu*elles Si>ient de fcte ou de deuil. La maguiflcence déployée dans celle-ci fut une anne de plus aux uiains des mécontents ; la dé|)ense s'éleva, dit-on, à tïO,000 livres sterling , contraste cliiX]uant avec la détresse de rarmée et la [lénurie du ^KHivoir. Les républicains en exprimaient hautenKMit leur blâme ; des ))amphlets, répandus dans les nu?s et siu* les pas du cortège, dénonçaient au peuple cette cri;uite prodigalité ; le bruit courut même que les S(4diits irrités avaient formé le projet d*enlever à son [v):^ige le coqts du grand Protecteur, et de le retenir en g;ige du iviyenKHit de leur sokle arriérée. Rien de semblaUe ih> fut tenté; malgré un assex grand désordre , aucim trtHiMe sérieux n\vlata , et Cromwell descendit sans insidte «lans les tombeaux des rois. Mais la fenix^ntation alkùt toi\jours s aggravant; aux concili^dmles des oftîciers mécontents s étaient ajoutés ceux des nHMKnirs rt^(Hiblicains rvunis à Charing-Cross, dans la mai^Mi île sir Henri VaiH^: les ukmkvs renaissantes des l^^aliers leur f4Hlnli^^lient tics siyots dVdanue pour Ta^enir et d^accusatiimciMitre le i^nnoir; en Angleterre piHtfiant . aïKnm nKHnetiK'nt ixn^ilîste ik* paraisisait enct>ne; uvtis tw ivirl;ùt beaiuxHip île 1 îK-tiNilé des Stuart $^ir le ciMitiiKMit , de leurs alKx^ et \ eniK^ à Bruxelles, à La Hayt*. à Am^eixlun, à Paris. Richard ih? {XHivait rester phi5^ k>ni:teinps isiJt^ ini IhiIIo à tant d attcnpK^, iivtctif et sileiK^îeux au milieu tie ce IntùL En fait d argvnt, un Parknmnit cttit iixli>|viisaW^^; et )vtnni les istrtisMisdu Prc4^>cleiu'. IvaiKXHip. tltns knir iiK(u)iiiKk\ eti es|ièrùeiiL pour son gv>u\enK*«Knit. qiK^k|iK^ a|v|4ti. Que ne
A CUNVuyUEK UN PAULEMi:m. :1I
ï'a\ ait-un con\o(|uc jilus tôt, au moment iiiciiie de lu mort de Cromwellî On eût trouve les mécontents bien moins déclarés et le pulilic bien (ilus manialile ; c'était là, entre autres, le sentiment de loi-d Bro^hill. Le Conseil se réunit !e 29 novembre, et la convocation y fut décidée ; les tcrits, pour ordonner les élections, furent puliliés quinze jours aiirès, et le Parlement appelé iwin- le 27 janvier suivant. Il Je n'ennuierai (Kis Votre Excellence derexposé B de nos motifs, n écrivit Tliurloe à Henri CroniweU'; n nous aurons de grandes luttes à soutenir; les répul)li- « cains se réunissent tous les Jours ot discutent quelle a république ils doivent préférer, car ils tiennent (lour « certain qu'ils n'ont qu'à clioisir et à prendre. Ils se « flattent ipi'une partie de l'année man'lierii avec eux. n J'espère (|u'ils se trom|M?nt. Cependant, je dois le dire, a je n'aime pas l'as|)ect des choses, et mes craintes suro liassent mes espérances'. »
La crainte se trahit dans la résolution même qu'on adoptait: on n'osa faire faire les élections selon le nouveau système électoral préiaré pai- Je Long Parlement, et deux fois mis en pratique par Crornwell; ainsi accomplies dans les comtés seuls et par un mode uniforme, elles parurent trop indépendantes; on revint aux traditions de la monarcliic, dans l'espoir d'exercer, sur les choix d'un grand nombre de liourgs, une influence
t I.L'30novflnlyro 1058.
■ » Thurloe, Slolé-Papn-.. t.vn, p. 50î,5îe,MI,r.5e-573;— Cromuclliana, p. 179-181;— Evelyn, ««motrj, (. I, j>. 'Joé ;— Bordeaux à Maxarm et àBricrme, 37 novembre 1658 (Documenti hUlorigutt. n* IX).
n LIVRE I.— ÉLECTIONS
décisive. Et, comme il n'y avait, pour TÉcosse et lirladde, récemment iucorl[)orées à rAngleterre, point de droits traditionnels à invoquer, on en proflta pour attribuer, à chacun de ces deux pays, trente députés dont réioction fut réglée de teUe sorte que lautorité militaire qui les gouvernait en disposât presque absolument. Quant à Yauire chambre , Ricbard la maintint teUe que lavait formée son père ; mais il adressa à chacun de ses membres des lettres de convocation semblables à celles que le roi em oyait autrefois aux pairs du royaume. Ainsi^ aucun principe légal et conséquent ne présida à la formation du Parlement ; <m fit appel tour à tour aux anciens et aux nouveaux exemples, à la monarchie et à la révolution, à la tradition et à Farbitraire, praoant {daisir^ tantôt à relever quelque ombre des vieilles institutions nïitiouales, tantôt à étaler, contre leurs partisans, les rudesses de Cromwell, et cherchant partout avec anxiété une force que des artifices incohérents ne donnent jamais au pouvoir *.
La lutte électorale fut ardente et désordonnée, quoique sans violences tyranniques ni pi^fiulaires. Les chefs repu- Micains, réiuiis chez Vane, avaient résolu de se présenter aux électeurs et de siéger, même au prix du serment de fidélité au Protecteur, dans le {Hrwhain Parlement, gardant en même temps leur foi cachée àce LangParle- H[i0it que Cnwuwell avait pu e3qiulser^ mais noo dissou-
1 Ladiow, ir<f«o«r». dans ma CoL^^chow^t. II»|k 409; — ^Xharioe, SUU-Pftptrt^ U VII, p. 511, S50 ;~ Eckud« ffùlory ofEn^Umdl i. II, p. 3^; — B^Tirtnix À M^iJtriH , ^ dec^mbr« 1^58 ^ocm^
Ali PARLKMEST (DÉCEMBDE 1658. 33
dri!, et qui restait toujours, à leurs yeux, le gouvernement légitime du pays. Tous les partis ont, de tous temps, ces réserves mentales au ser\ice de leur passion et de leur impuissance. Kicliard et son Conseil combattirent avec acharnement ces adversaires, les plus redoutés de tous : il ne servit de rien à Vane d'avoir la m^oritv à Hull et à Bristol ; les magistrats i{ui présidaient aux élections déclarèrent ([u'eile appartenait à d'autres can<)idatâ ; et , sans la fermeté de l'un de ses amis qui le Ht élire par un petit bourg du Hampsbire, Vane n'eût (loint plis place dans le Parlement. On lit le colonel llutchinson slierifl' de son comté pour l'emj)éclier d'être élu à Nottingbam. Haslerig, Nevil, Scott, Bradsliavv, Ludlow rencontrèrent la même résistance, mais ils en trioinplièlent iMU-tout ; le gouvernement ne put écarter aucun de ses ])lus considérables ennemis. Il réussit mieux à faire élire en grand nombre ses partisans; Thurloe, vrai premier ministre du Protecteur, aussi bien pour le dedans que ]>uur le dehors, était ])artout à la tête de ce travail ; l'un de ses agents, M. Howard, catlioliigue et frère du comte d'Arundel, se vanta, probablement a^ec quelque fanfaronnade, d'avoir, sur la seule recommandation du secrétaire d'État, fait envoyer vingt-cjuatre membres au Parlement. Monk pHait Thurloe de lui indiquer à quelles villes d'Angleterre ap|>artenaient trois candidats qu'un lui avait demandé de faire élire en Ecosse, et uue les électeurs écossais liésilaient à nommer saos connaître au moins leur origine. L'Université de Cambridge et tes trois twui^ de Wiebeck, Hunlington et Tewkesbury se