DANS LA CHAMBRE DKS COMMUNES
la salle. Pendant deux ou trois jours, personne ne leremaniua ou ne se (tlniffiiit ; mais le H février, un membre du parti de la enur, comme on disait déjà, sifi^nala le fait el somma Ludlow de prêter Berment : a N'inler^ (r rompons pas nos délibérations pour une telle misère», dit Hasierig ; « ee débat amènera de l'irritation ; je ne « veux |>afl, moi , mettre en question les membres d'É- 0 cosse et d'Irlande , ipii n'ont pourtant nul droit de sjéa ger ici ; je vous en conjure, laissons cela, n L'avis de Hasierig fut appuyé ; d'autres réclamèrent : « Nous a sommes ici en vertu de la Pélition el ari>({ui prescrit n le serment ; quatre cents membres l'ont prêté ; poiira quoi deux ou trois le rcfitseraient-ila? Qu'il leur soit « interdit de siéger justpi'à ce qu'ils l'aient prèle. Aquoi s nous tiendrons-nous si les fondements mêmes sont « ébranléstnl^ discussion conlinua; on s'éleva contre les serments en général , a qui n'étaient que des pièges a pour les honnêtes gens, n Le colonel Eyre déclara qu'élu vers la tin du Long Parlement , il avait refiisé le serment, par scrupule, qu'on en avait rendu compte à la Chambre , et qu'elle l'avait admis sans lui rien demander. Divers incidents survinrent qui détournèrent l'attention ou fournirent au laisser-aller un prétexte; et Liidlow, et probablement quelques autres avec lui, continuèrent de siéger sans avoir juré fidélité au Protecteur'. Le jour même de l'ouverture de la session, la Charn-
\ Jotimala of Iht houie of C. l.VII, p. 593 .— Eurton, Diartf, t. III, p. 3, 71;— Ludlow, Mémoirti. t. Il, p i\3-*n.— Bordeaux à Matarin, SO février 1659 |Do«im«nJihûtariqiifij n' XIII).
^4 LIVKE I — TflURLOE PROPOSE
bre ayait élu pour son orateur Benjamin Chute, homme modéré et accepté de tous tes partis. Deux jours après son installation, il hésita dans un acte qu'il ayait à faire en sa nouvelle qualité, et il soumit à la Chambre ses doutes sur l'étendue de son pouvoir : « Je n'aime pas, » s'écria Haslerig, a à entendre dire qu'il manque quelque « chose à cette Chambre; je ne connais point de code « de lois que vous ayiez à consulter. Monsieur l'orateur, a vous êtes maintenant le plus grand personnage de l' Ana gleterre... excepté ce qui doit être excepté; je m'ou- « bliais presque. J'ai raison pourtant; je dis que je vous a regarde comme le plus grand personnage de FAngle- « terre, vous, l'orateur du Parlement d'Angleterre, ou a des Communes, comme il vous plaira de dire; je ne <x veux offenser perscxme. . . Ordonnez simplement qu'on <f vous apporte le registre dont vous avez besoin; c'est <c là ce qui vous convient *. »
Évidemment il était urgent de ne pas laisser oisive une chambre où fermentaient des dispositions à ce point ombrageuses et hautaines : une attaque était près d'éclater contre la présence des députés d'Ecosse et d'Irlande élus, disait-on, sans l'aveu d'aucune loi et qui n'avaient nul droit de siéger dans un Parlement anglais. Le gouvernement résolut de jeter sur-le-champ dans l'assemblée la question fondamentale qui devait mesurer les forces des partis et décider de l'avenir. Le !•' février, Thurloe se leva : « 11 a plu à Dieu de mettre un
« JournaU of the house of C, t. VII, p. 594;— Whitelocke, p. 676 ; — Burton, Diary, t. III, p. 4, 18.
LA RHCONN'AIS.'SANCE DE RICHARD CROMWEI.L 15 u ternie aux jours de Sou Altesse. On s'attendait à du « tristes suites de ce coup. Dieu nous a accordé le bieii- « fuit (l'un fits de Son ^Vitesse, <|ui a |>our lui les cœui's u du peuple, ténioi^axc de son indubitable droit du u succession. On ne peut voir là que la main de Ditru « qui atml ainsi la famille du feu rot. Dieu élève le poiio voir du sein de lapoussière;c'estsa royale prcrofTdtne. a U convient à cette Chambre de repondre à cette ^râce a en reconnaissant, dans Son Altesse aujourd'hui en ■ fonctions, le successeur indubiliiblc. . . J'entends dim « qu'on prépare au loin de ((rands elTorts (wur setuer, « parmi nous, des troubles et des dissensions. Pour les a prévenir, montrons à la nation que nous sommes tous u d'accord sur le fondement de son gouvernement. C'est » dans ce but que je propose un liill [Mur la recomiaisu sauce du Protecteur '. «
Surpris de cet appel soudain au combat décisif, les opposants, républicains et autres, ne son)i;èrent d'abord qu'à l'éluder : u Ceci n'est pas proposé opportunément, n (lit Hasierig; « nous avons l>eaucuup de choses à consi- H dérer, le comité des t^riefs, les atTaires de lu reli^on. . . « Nous avons eu un Parlement glorieux pour abattre ; «j'espère (juc celui-ci sera glorieux pour fonder;., u mais examinons un peu d'abord ce qui a été fait deo puis notre éloignemeut. Celui qui a quitté cette terre
• Joumola of Ihe houle ofC, t. VII, p. 506 :— Burlon, Oiorv, l, III, p. 35-32, 71;— Tburloe, Slate-Paptri, t. VII, p. 603;~Piirl. JiH(., t. XXI, p.asi;— Ludiow, M™oiru, l. H, p. 417; — While- ■ locke, p- 67e i— BordeouT à .Waiarin. 10 Wvrier 165B (Docvmentt hittoTiquei. n'IIV).
A\j LIVKE I.— DISPOSITIONS DU PARLEMENT
(( nous avait promis des comptes. Les soldats de notre « armée sont nos enfants ; nous sonmies tenus de pour- « voir à ce qui les touche. Nous avons un prince qui est « notre prince, princeps, le principal entre nous. J^hoa nore sa personne. Je n'en cUrai pas davantage. Ne a nous occup(»is pas d'un bill de cette importance a avant le jour de jeûne et de prières solennelles que « nous, avons ordonné. Nous n'avons jamais rien abattu « sans adresser d'abord à Dieu nos prières; n'essayons « pas de fonder sans prier. » Un débat s'engagea sur ces observations, mais court et contenu. Coitune Thnrloe le proposait, la première lecture du bill eut lieu immédiatement. L'avocat général Prideaux demanda la seconde et la discussicm au fond pour le lendemain. Les opposants réclamèrent modestement quelques jours. Ils les obtinrent sans peine, et le débat fut fixé au lundi suivs^t, 7 février *.
Si les hommes n'étaient gouvernés que par des intérêts personnels, éphémères comme eux-rmêmes, ceux qui se trouvaient réunis dans ce Parlement auraient eu peu de peine à s'entendre, et le débat qui s'ouvrait entre eux eût été court , car le régime qui en était l'objet avait de quoi satisfaire, pour tous, à de si petits et égoïstes désirs. Us avaient un gouvernement issu de la révolution qu'ils avaient faite, fermement résolu de la maintenir, et maintenu lui-même par une armée forte et glorieuse. Ce gouvernement, partout
I Burton, Diary, t. III. p. 26-32.
ENVERS IIIC'IUKU CHOMWELL. 17
ulHJi uu iledaus el rocoiuiu au deliors, vtiiit uinfoniio, duns ses traits essentiels, à leurs idées ennimuiics el liraliques : un clicf iiniquc et deux Chambres, iioi>seuleinent les honimes modérés et saas systèiiiu, mais la plupart des républicains eux-mêmes, éclairés ou résignés, acceptaient ces bases de la constitution que l'Atimbte Pétition et avis avait établie : « Si l'on croit qu'un a chef unique vaut mieux, » déclarait Huslurig, «je nie H soumcttmi à la m^jurilé. — Ne retournons pas au gou- R vemement du Long Parlement, disait Henri Nevil ; u c'était une olii^rcliie délestée de tous ceux qui aiment « une république ; nous, républicains , nous sommes « [tour un cbef unique, un sénat et une assemblée ])opu> u laire. » — Selon le capitaine Baynes, a l'ancienne con- « stitution, un roi, des Lords et des Communes, ne [>eut • Il plus convenir à cette nation, telle i{u'elle est aujour- « d'bui; les anciens lords, par leurs grandes propriétés, « balançaient le |K>uvoir du roi ; maintenant la pro- « priété appartient en généml au peuple ; le gouvcnieu ment doit donc étiv là. Hais il faut une balance; si a vous pouvez avoir une Chambre des Lords pour en « faire l'office, prenez-la ; sinon, ayez un sénat élu par « le peuple. » — Je n'entends pas une seule voix s'élever « contre un cbef unique, disait M, Reynolds, et contre u le chef unique actuel, il n'y a pas une seule objec- « tion. B Richard, en effet, n'étiut persomiellemenl l'objet d'aucun ressentiment, d'aucune antti>athic : u Je « l'avouerai, » disait Haslerig, «j'aime la personne du u lord Protecteur ; je n'ai jamais vu ni entendu citer, en