UN CONSEIL 6ENJÉRAL DES OFFICIERS
a tenu de jurer qu'il défendra le gouvernement tel qu'il « est maintenant établi^ sous le Protecteur et le Parle- CI ment. Je répète que je suis contre tout serment et « pour la liberté de l'armée ; mais celui-là du moins est ff raisonnable et conforme à vos intérêts. Si donc il vous t en faut un^ je propose celui-là^ et si vous ne l'adoptez « pas^ je le proposerai demain dans le Parlement^ où j'ai « la confiance qu'il sera adopté', o
Lord Broghill avait frappé juste ; beaucoup d'officiers partageaient sa répugnance pour les serments; beaucoup d'autres^ bien que républicains, étaient peu empressés de s'associer aux régicides. Wballey et Goffe, entre qui lord Broghill était assis, appuyèrent ses objections; Desborough lui-même s'aperçut que sa proposition tombait en défaveur, et la retira. D'autres motions succédèrent à celle-là, moins choquantes, quoique dangereuses pour le Protecteur. On reproduisit le vœu que le commandement militaire fût séparé du pouvoir civil, et remis aux mains d'hommes éprouvés dans la guerre, et en qui l'armée pût avoir pleine confiance. On s'arrêta, en attendant, à l'adoption d'une « humble représentation du Conseil général des officiers au lord Protecteur; » et le 6 avril, dans l'un des grands salons de Whitehall, elle fut solennellement présentée à Richard, qui la reçut sans aucune marque de déplaisir, et s'entretint aflTectueusement avec les officiers qui la lui
1 Ludlow, Mémoires , dans ma Collection , t. II, p. 435-434; — Oldmixon, Hist, of the Stuarts, p. 433; Morrice^ Mémoire of Roger, JBorl of Orrery, c. V, p. 27-28.