LIVRE II.— MODÉRATION
l'autre en f emme> furent reconnus et pris ; sir Thomas Middleton capitula dans son château de Ghirk où il s'était réfugié ; et quinze jours à peine écoulés depuis son départ de Londres, Lambert put écrire au Parlement^ : q S'il y « a encore, dans ces contrées-ci, quelque afibire qui « exige ma présence et mes services, je vous prie de me c donner promptanent vos ordres ; ils seront exécutés «c avec empressement*. »
La victoire sur les royalistes était complète; ils étaient battus, trahis, désunis, emprisonnés; Tinertie de la plupart de leurs chefs avait causé la défaite de Booth ; la défaite de Booth paralysa le zèle de ceux qui voulaient se compromettre avec lui. Averti de Tinsurrection qui se préparait, et déjà en relation secrète avec le roi, Ta* miral Montagne avait subitement quitté la Baltique, avec la plus grande partie de sa flotte, pour venir à l'entrée de la Tamise, prêt à se déclarer pour Charles et à le soutenir dans un débarquement. Les commissaires du Parlement, Sidney en tête, s'étaient vainement opposés à ce départ de l'amiral et n'avaient pu que protester avec éclat. Mais en arrivant sur les côtes d'Angleterre, Montague trouva Booth vaincu, et plus d'insurrection ni de
t Le dl août 1659.
s JoumaU of the hous€ ofC, t. VII, p. 786, 774, 754, 761, 766, 768, 769, 789-790, 742, 749, 746, 750, 752, 755-756, 758-760, 762, 765, 772-774, 779-780, 789;— Pari, hist,, t. XXI, p.443-446i— Carte, Ormond^s Letierë, t. II, p. 194;— ClarendoD, Hù(, of the RebelUon, 1. XVI, 0,41-42; State-Papers, t. 111, p. 552-559 ;— Ludiow, Mémoires, dans ma CollecHorit t. II, p. 490-500 ;— Baker, CkrùtUcle, p. 705-709; — London iUustraUd, t. I, p. 286 ;— fiordeavar à Mazariti, 7, 11, 14, 18 et 25 août, 4 septembre 1659 {Documents historiques, n« XLVIII).
débarquement royaliste à soutenir. Il prit hardiment son partie se rendit 6ur4e-champ à Londres^ se {Nrétenta au Conseil d'État^ et affirma qu'il n'était venu que pour faire des vivres^ qui manquaient absolument à ses vaisseaux. Sans ajouter foi à cette apologie^ le Parlement, peu porté à faire grand bruit d'une défection avortée, laissa tomber ses soupçons. Au milieu de leur Tictoire, les chefs républicains sentaient leur péril et ne voulaient pas l'aggraver. L'abattement des vaincus et le séquestre de leurs biens étaient, pour eux, les fruits importants du succès. On évaluait à plus de trois millions de livres slerl. la Taleur des domaines qu'on avait à saisir; il y avait là de quoi défrayer quelque temps la république et récompenser les serviteurs fidèles. On distribua sur-le-champ, aux soldats de Lambert, 3,000 livres sterl. sur la valeur des terres de sir Thomas Middleton. Quant aux personnes, on les arrêtait, on les retenait en prison, on entamait contre elles des poursuites, mais sans y apporter ni urgence,niviolence.Accusé, à bon droit, de complicité dans l'insurrection, sir Antoine Ashley-Gooper, sur le rapport de Nevil, fut déclaré innocenta Chargés d'interroger sir George Booth, et plusieurs autres qui avaient été amenés avec lui à la Tour, Y ane et Haslerig y procédèrent avec égards. On publiait librement des pamphlets pour recommander aux vainqueurs la modération envers les vaincus; on les engageait à ménager le sentiment national et les chances de l'avenir. Eux-mêmes, à leur tour,
t Le 14 septembre 1659.