‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 102 sur 132 · CONFÉRENCE DE CROMWELL AVEC LES CHEFS · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE DE CROMWELL AVEC LES CHEFS

gile et la liberté de conscience : il se fit le protecteur déclaré de ces deux intérêts ; par le premier, il se rattachait les presbytériens qui, dans la ruine de TÉglise anglicane, pouvaient seuls offrir, en grand nombre, au pays des ministres instruits, pieux et honorés ; au nbm de la liberté de conscience, il devenait Fhomme nécessaire à tous les persécutés, même aux épiscopaux et aux catholiques à qui la libre pratique de leur foi était refusée> mais qui se promettaient de lui une tolérance tacite et un secret appui. Dans tous les rangs et sous tous les drapeaux ciirétiens, il avait ainsi des relations, et inspirait des espérances qui lui fournissaient tantôt des griefs, tantôt des armes contre le Parlement.

Il ne s en tint pas à cette guerre sourde et aux progrès lents qu' il y pouvait faire ; il était plein de passion autant que de ruse, et pressé de porter les grands coups^ dès qu'ils étaient possibles, aussi bien qu'obstiné à poursuivre obscurément son dessein, s'il fallait attendre du temps les occasions de succès. Il voulut savoir avec quelque certitude ce que pensaient les liommes dont le concours lui était nécessaire, et jusqu'à quel point il pouvait compter sur leurs dispositions. Le 10 décembre 1651, il provoqua, ciiez l'orateur de la Chambre, Lenthall, une réunion de quelques chefs de 1 armée et du Parlement; d'un côté, Fleetwood, Desborough, Harrison, AVh^ey, ses compagnons de guerre et de victoire; de Tauti-e, Whitelocke, Widdrington, Saint-John, Lenthall, les meneurs civils de la révolution :

« Maintenant que Tancien roi est mort et son fils dé-

DU PARLEMENT ET DE L'ARMÉE (10 déceUbrè 1651). SOT

« fait, je crois nécessaire, » dit Cromwell, « d'en Y»nir c( à fonder un gouYernement stable pour la natidni J'ai c( demandé cette réunion pour que nous conéidérieos « ensemble ce qu'il convient de faire et ce qu'il faudra « proposer au Parlement. »

l'orateur lenthall : « Milord , cette réunion s'est a empressée de se rendre au vœu de V. E* > et il est fe très-nécessaire d'examiner l'affaire dont vous voulei « l'entretenir. Dieu a donné à nos troupes, sôus vetrs « commandement, un merveilleux succès > et nous « serMs très-dignes de blâme si nous ne faisons f»ai a servir tant de grâces à quelque solide établissement^ « pour la gloire de Dieu et le bien de cette République. »

HARRisôN : a Ce que propose le lord général) c'est) je « pense> d'établir une forme de gouvernement qui « assure iios libertés civiles et religieuses, en telle s(9t*te (( que les miséricordes dont le Seigneur nous a comblés « ne soient pas rejetées. Commeht cela peut être fait^ là « est la grande question^ »

WHITELOCKE : « C'cst unc grande question, en eOiet) « et qui ne doit pas être brusquement résolue : ce serait « pitié qu'une réunion de tatit de personnes capables et « dignes demeurât sans résultat. Je demanderai d'abërd « humblement sur quelle base on veut établir eette a forme de gouvernement, et si l'on veut faire Une « république absolue, ou bien y introduire queli|ue « mélange de monarchie. »

GROMWELL : « Milord Whitelocke a touché le Yrai <x point de la question ; c'est en efftet ma pendée que

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