‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 103 sur 132 · CONFERENCE DE CROMWELL AVEC LES CHEFS · texte numérisé non relu

CONFERENCE DE CROMWELL AVEC LES CHEFS

« nous considérions ce qu'il vaut le mieux établir, une « république ou un gouvernement monarchique mixte, « et, si Ton y fait entrer quelque chose de monarchique, « en qui sera placé ce pouvoir. »

SIR THOMAS wiDDRiNGTON : « Je crois qu'un gouverne- « ment monarchique mixte convient mieux aux lois et « aux mœurs de cette nation; et si nous rétabUssions « quelque chose de monarchique, je crois qu'il serait « juste de remettre ce pouvoir à Tun des fils du feu roi.»

LE COLONEL FLEETwooD : « La qucstiou de savoir si c'est « une république absolue ou une monarchie mixte qui « convient le mieux à cette nation, ne sera pas facile à a décider. »

SAINT-JOHN : « Le gouvernement de cette nation, sans « aucun pouvoir monarchique, sera très-difficile à éta- « bUr, de façon du moins à ne pas ébranler les fonde- « ments de nos lois et des libertés du peuple. »

LENTHALL : « On tombera dans une étrange confusion « si on ne met, dans le gouvernement de cette nation, « rien de monarchique. »

LE COLONEL DESB0R0L6H ! « Je VOUS prie, milord , « pourquoi cette nation-ci ne pourrait-elle pas, aussi « bien que d'autres, se gouverner en république ? »

WHiTELOCKE : « Il y a, dans le tissu des lois d'Ana gleterre, tant de pouvoir et de pratiques monarchi- « ques que, pour fonder ici un gouvernement sans « quelque mélange de monarchie, il faudrait faire, « dans nos lois et nos procédures, des changements « tels qu'à grand'peine en aurait-on le temps et qu'on

DU PARLEMENT ET DE L'ARMEE (10 décembre 1651). 309

a ne saurait prévoir les inconvénients qui en résulte- « raient. »

LE COLONEL WHALLEY : « J'cnteuds mal les questions « de lois ; mais, à mon avis, il nous convient mieux de « n'avoir, dans notre gouvernement, rien de monar- « chique ; si nous nous décidions à avoir un monarque, « lequel prendrions-nous? Le fils aîné du roi nous a fait a la guerre, et son second fils est également notre a ennemi. »

SIR T. wiDDRiNGTON .' « Mais le troisième fils du feu « roi, le duc de Glocester, est toujours entre nos mains, « et il est trop jeune pour avoir porté les armes contre a nous, ou pour être imbu des principes de nos a ennemis. »

WHITELOGKE : d Ou pourrait assigner au fils aîné du « feu roi, ou à son frère le duc d'York, un certain temps « pour qu'ils vinssent se réunir au Parlement ; et on « pourrait alors, aux conditions qu'on jugerait conve- « nables et efficaces pour assurer nos libertés civiles et « religieuses, instituer avec eux une forme de gouver- « nement. »

CROMWELL : « Ceci serait une affaire d'une difficulté « plus qu'ordinaire ; mais je pense vraiment que, si « nous pouvons le faire avec sûreté pour nos droits c< d'Anglais et de chrétiens, une forme de gouveme- « ment avec un peu de pouvoir monarchique serait « bien utile*. »

1 Whitelocke, p. 516.

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