RÉFORMES TENTEES
« aussi souvent qu'il le jugerait à proposa » Mais ce n'était encore là qu'une promesse déjà renouvelée plusieurs fois et toujours demeurée vaine; on sentit le besoin de faire quelque chose de plus nouveau et qui inspirât^ aux partisans des réformes, plus de confiance. On décida qu'une commission serait formée de personnes étrangères à la Chambre, qui auraient mission de rechercher quels défauts existaient dans les lois civiles, quels inconvénients en résultaient, quels étaient les plus prompts moyens d'y porter remède, et qui feraient ensuite connaître leur avis et leurs propositions à un comité du Parlement désigné pour les recevoir*. Vingt et une personnes^ presque toutes considérables par la qualité ou la science, furent en effet choisies pour former cette commission, et le célèbre jurisconsulte Matthieu Haie y fut appelé le premier ^ Elle s'occupa des plus importantes questions de la législation civile, des mariages, des naissances et des décès, de la transmission des propriétés et de la tenue des registres publics destinés à la constater, des droits perçus à l'occasion de certaines transactions ou de certains actes; et sur ces divers sujets, elle préparades projets de réformes réservés à la délibération du Parlement, et dont plusieurs lui furent elTectivement soumis par Whitelocke qui, selon sa prévoyance des chances de succès, se fai-
1 Le 8 octobre 1651 ; — Journals oftheH. of C; t. VII, p. 26. * Le 26 décembre 1651; ihid., t. VII, p. 58 ;— Whitelocke, p. 519. 3 Les 14 et 17 janvier 1652; — Jowmals of the H. of C.> t. VII, p. 71, 94.
PAR l.E PARLEMENT. 313
sait tour à tour Tadversaire ou le rapporteur des innovations ^ Un travail général où était résumée toute la loi civile, c'est-à-dire une sorte de code civil, fut même préparé par cette commission et présenté à la Chambre qui en entendit la lecture et en ordonna l'impression, au nombre de trois cents exemplaires distribués aux seuls membres du Parlement*.
En matière religieuse aussi, le Parlement eût bien voulu obtenir quelque popularité, et, comme Cromwell, se faire, dans les croyances diverses, des clients et des amis. Dans le cours de Tannée 1650, il a\ait aboli les lois rendues sous la reine Elisabeth pour prescrire l'uniformité de foi et de culle ^ ; mais, en même temps il avait maintenu et même aggravé la proscription des catholiques, ajouté à la proscription des catholiques celle des épiscopaux, et promulgué des lois nouvelles contre «les mauvaises mœurs, les pratiques licencieuses « et les opinions athées, blasphématoires et exécra- « bles^; » voulant ainsi donner à la fois satisfaction aux haines religieuses, à la liberté de conscience, et à l'austérité des âmes. Tâche impossible pour le pouvoir chargé d'appliquer tous les jours toutes les lois, et qui, même aux yeux du peuple dont elles ont adopté les passions.
1 Les 19 et 25 mars 1652; Joumals oftheH. ofC, t. VII, p. 107,
* Les 19 et 21 janvier 1653 ;— i6td., t. VII, p. 249, 250. ' Le 27 septembre 1650;— i6td.^ f. VI, p. 474.
* Les 10 mai, 14 et 24 juin, et 9 août 1650 ;-4hid., t. VI, p. 410, 423, 430, 453.