LE PARLEMENT SE DÉCIDE A PRÉPARER
en liberté sous caution*. Un membre de la Chambre, M. Blagrave, fut formellement accusé, par un plaignant qui se nommait et offrait de prouver son dire, d'avoir reçu de l'argent pour certaines nominations, et Taffaire, renvoyée à un comité spécial, y demeura ensevelie*. L'âpreté grossière des intérêts privés, et quelquefois même Timprobité de certains membres, étaient ainsi couvertes, sinon par la complicité, du moins par la complaisance inquiète du Parlement.
C'était trop de rigueurs et trop de faveurs également odieuses de la part d'une assemblée usée par sa longue vie autant que par ses fautes, mutilée de ses propres mains, pleine encore de discordes dans son petit nombre, que la défaite même de ses ennemis du dedans n'a- ^ vait pas affermie, et qui, au dehors, engageait de plus en plus le pays dans une guerre obstinée contre la seule nation protestante et républicaine parmi ses voisins. La lassitude et le dégoût publics éclataient de toutes parts; une multitude de pamphlets circulaient, chaque jour plus injurieux; le mépris s'y mêlait à la haine; on réfutait ironiquement les déclarations « du Parlement ima- « ginaire de la République inconnue d'Angleterre *; » on le sommait de faire place à un Parlement véritable. La Chambre courroucée enjoignit au conseil d'État « de supprimer ces écrits, hebdomadaires ou autres,
1 Les 1" et 15 décembre 1652 ; Jowrnals oftheH. ofC^ t. VII, p. 223, 229.
» Les 9 et 10 février 1653; Joumals of the H. of C, t, VII, p. 257.
Joumahofthe H. ofC, t. VII, p. 195.